DE LA BALNÉA.TION THERMO-SULFUREUSE
hors de noire portée qu'une sorte de superstition attribue à toute source qui jaillit des profondeurs inexplorées de l'écorcc terrestre'.
Dans les syphilis invétérées, il est rare qu'une seule saison thermale suffise. 11 faut, comme pour le traitement spécifique, plusieurs cures successives. Les conditions climatériques ne permettent guère de faire plus d'une saison par année dans nos pays tempérés. C'est dommage. L'intervalle est trop long. Deux ou trois quelquefois ne seraient pas de trop.
III. Peut-on se rendre compte des opérations biochimiques qui s'accomplissent dans l'organisme des syphilitiques quand ils sont, soumis à un traitement hydro-minéral? — On a essayé de le faire surtout "pour les cures thermales sulfo-hydrargyriques qui sont les plus importantes.
M. le Dr Berestonsky a soumis, dans ce sens-là, à une observation rigoureuse, des malades qui venaient prendre les eaux sulfureuses du Caucase, après s'être traités par le mercure à des époques plus ou moins éloignées variant de 7 jours à 4 ans. Avant le premier bain, la présence du mercure dans l'urine ne fut constatée que chez les malades qui venaient de finir depuis quelques jours le traitement mercuriel. Chez tous les autres, l'examen chimique de l'urine ne décela la présence du mercure qu'après 10 à 15 bains Nicolas de 28° à 29° Réaumur. La quantité du mercure dans l'urine augmentait en raison directe du nombre de bains. (Trav. de la Soc. ?'usse de balnéologie, 1886.)
Beaucoup d'hydrologues sont persuadés que le soufre est un précieux adjuvant de la médication mercurielle, parce qu'il transforme les chloroalbuminales de mercure en composés solubles susceptibles de rentrer dans la circulation et d'être éliminés à peu près exclusivement par la peau dont la nutrition est surexcitée (A.strié). — Chez les malades qui prennent des bains sulfureux après ou pendant une cure hydrargyrique, des taches et des raies noires qui se laissent enlever par le lavage apparaissent souvent sur diverses parties du corps. Elles sont composées de sulfure de mercure qui s'est formé sans doute, en dehors de l'organisme, au contact de l'eau sulfureuse avec le mercure éliminé par la peau. N'est-ce pas là ce qui a fait dire que les sulfureux produisent ou du moins activent cette élimination cutanée et portent le médicament là où est le mal dans la plupart des cas? De plus, en favorisant la circulation
I. Peut-être arrivera-t-on,avec les progrès do la science cl do la mécanique, h perforer l'écorce terrestre et à pénétrer" jusqu'à la masse centrale incandescente. Parviendra-t-ou à capter, à utiliser l'incalculable chaleur qu'elle renferme, et dont nos thermes et les éruptions volcaniques ne peuvent donner qu'une faible idée ? Nous fournira-t-elle des moyens curatifs que nous ne soupçonnons pas Mais elle fera mieux, car sans doute elle sauvera l'humanité ou du moins prolongera sa misérable existence, quand tous nos combustibles
seront épuisés, cl q •oinnienn-ronl pour le soleil les pâleurs blafardes et les
refroidissements de l'agonie,
BIOCHIMIE DU TRAITEMENT HYDKO-MINKHAL.
sanguine el lympathiique, ne préviennent-ils pas l'accumulation mercurielle et, par suite, les accidents qui en résultent : diarrhée, stomatite, cachexie? Ne permettent-ils pas ainsi de rendre la médication spécilique tout à la fois plus active et plus sûre? (Lambron et Guilland).
« 11 est facile, dit Smirnoff, d'expliquer certaines actions des bains sulfureux, en se rappelant les observations de Virchow sur la syphilis latente localisée dans le système lymphatique sans pénétrer dans Le sang. Cette encapsulation du virus syphilitique peut probablement se produire aussi dans les reliquats de la syphilis, dans les cicatrices hypertrophiques, les condylomes, etc. Les bains sulfureux chauds amènent une congestion dans ces foyers d'incapsulation et provoquent la résorption du virus syphilitique encapsulé1. »
1 . Les eaux sulfureuses et les eaux ferrugineuses du Caucase ont une grande réputation, en Russie, pour le traitement de la syphilis. M. Smirnoff les a beaucoup vantées. Voici quelques extraits de ce qu'il a écrit sur la balnéation thermo-minérale appliquée à la cure de la syphilis :
« Il n'y a pas d'eau minérale sulfureuse ou même arsenicale qui puisse par elle-même guérir la syphilis. D'autre part, il est hors de doute que les eaux sulfureuses chaudes sont un excellent adjuvant dans le traitement de la syphilis, surtout de ses formes invétérées, déjà traitées par le mercure. Avec le concours de ces eaux, le médecin peut souventobtenir, en trois ou quatre mois, des résullats que, dans d'autres conditions, il n'obtiendrait que dans deux années, ou n'obtiendrait pas du tout, comme c'est souvent le cas pour les paralysies syphilitiques. Lorsque nous avons affaire à des malades affaiblis, nous leur ordonnons d'abord quelques bains sulfureux légers, puis des bains ferrugineux, et nous passons ensuite au traitement mercuriel. Souvent ou se trouve en présence de malades traités à plusieurs reprises par le mercure et qui présentent des manifestations morbides douteuses à ce point, que le médecin ne sait pas s'il doit les envisager comme syphilitiques ou comme mercurielles ; ce sont surtout les angines et les stomatites ulcéreuses, les dermatoses variées, les névralgies, les paralysies. Les bains sulfureux nous éclairent rapidement sur la véritable nature de ces affections, car, tout en améliorant les symptômes du mercurialisme, ils font ressortir davantage les manifestations syphilitiques.
« Nous rejetons l'usage simultané du mercure et des bains sulfureux dans les cas simples de syphilis, et nous réservons ce traitement mixte pour les ras
compliqués Lorsque l'organisme est suffisamment saturé de mercure, les
bains sulfureux nous sont encore une ressource précieuse pour stimuler l'élimination de ce métal et pour éviter ainsi les résultats fàcbeux de sa présence dans l'organisme. A la fin d'un traitement par le mercure et les bains sulfureux, nous ne pouvons malheureusement pas considérer le traitement comme achevé. Si le mercure a pu être administré sans obstacle et en l'absence de complications, si une saturation suffisante de l'organisme a été obtenue sans provoquer de troubles morbides, et si enfin l'éliminai ion du mercure a été lente et graduelle, on peut alors, avec le plus grand degré de probabilité, considérer la syphilis comme guérie, surtout si elle n'était pas invétérée et si
les organes profonds n'étaient pas atteints Dans les cas graves, une cure
unique ne suffit habituellement pas el nous sommes obligés de répartir la quantité de mercure nécessaire à la guérison en plusieurs cures ou traitements
consécutifs Dans ces cas, nous croyons rationnel de ne pas se hâter pour
l'élimination du mercure ; tout au contraire, nous laissons le mercure séjourner dans le corps du malade pendant tout l'hiver, jusqu'à la saison thermale suivante
» Les eaux ferrugineuses de Gelesnovdsk et de Kislovodsk sont un excellent moyen pour tonifier les malades et détruire chez eux la tendance aux refroidissements que laisse parfois l'usage prolongé des bains chauds. Les malades