‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 28 sur 610 · OR, ARGENT, PLATINE, ETC., DANS LE TRAITEMENT DE LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

OR, ARGENT, PLATINE, ETC., DANS LE TRAITEMENT DE LA SYPHILIS

depuis, il avait été vanté par d'autres, sans grand succès toutefois, puisqu'on n'avait pu réussir à lui créer une place durable. Mais avait-il dit son dernier mot? Chrestien (de Montpellier) n'en jugea pas ainsi (1811). Il essaya de remettre Foi' en honneur. C'est le chlorure d'or et de sodium qu'il donnait avec la salsepareille dans les syphilis graves. Lallemand (1822), Destouches (1819), Legrancl (1828), l'imitèrent et ne réussirent pas mieux que lui à faire de ce métal un spécifique de la syphilis. Les préparations d'argent préconisées par Serres (de Montpellier), en 1836, eurent le même sort. Haaefer, en 1840, proposa le platine sans plus de succès

{. Aujourd'hui on a renoncé aux préparations d'or, d'argent el de platine dans le traitement de la syphilis. Cependant quelques médecins donnaient encore il n'y a pas longtemps le chlorure d'or aux syphilitiques qui étaient en même lemps scrofuleux. Ce remède est excitant. Une cuillerée à café de la solution suivante, au commencement de chaque repas, est une dose suffisante :

If Eau 100 grammes.

Chlorure d'or . àà Q g0 centigrammes.

Chlorure de sodium S ' b

Avant Chrestien, l'or avait été employé par Glauber et par Gervais Uçay comme antisyphilitique. Reynaud faisait l'aire tous les matins une friction sur la langue et la face interne des joues avec un des paquets suivants :

If Hydrochlorate d'or et de soude. 5 centigrammes Poudre de lycopode 10 grammes.

D. en 12 paquets.

La salive affluait dans la bouche et devait être avalée. Après la première série de 12 frictions, deuxième de 10 avec la même dose en 10 paquets; puis, ainsi successivement, avec la même dose en 8, en 7, en 6, en 5, en 4 et en 3 paquets. En tout, pour une cure, 30 à 40 cent., et, dans les cas graves, 60 à 75 cent. tfhydrochlorate d'or. Dans les cas les plus rebelles, on donnait en même temps des pilules de 3 à 5 milligr. de sel d'or jusqu'à la dose totale de 1 cent, par jour.

Lallemand croyait, que les préparations d'or étaient non seulement antisyphilitiques, mais reconstituantes. — On s'est servi aussi de l'oxyde d'or, plus doux que l'hydrochlorate : de 1 à 2 cent, en frictions sur la langue; — une à deux frictions par jour. Son action se traduit à la longue par des sueurs et des urines abondantes. Indication des préparations d'or chez les strumeux et ceux qui sont prédisposés à la salivation.

Aujourd'hui, l'or est avantageusement remplacé par l'iodure et à peu près abandonné. — Cependant M. Blake White, médecin américain, dit s'être servi avec succès d'injections sous-cutanées d'un sel double de chlorure d'or cl (l'iodure de manganèse, dans les cas de cachexie syphilitique rebelles au traitement spécifique usuel. Il emploie pour ces injections une solution titrée dont chaque goutte contient un milligramme de ce sel double. On injecte d'abord une, puis ileux gouttes avec cinq gouttes d'eau phéniquée à 1 pour 100. Deux ou trois injections par jour dans la région dorso-lombaire. Ce traitement est surtout, excitant : léger mouvement fébrile, appétit stimulé, augmentation de poids au bout de quelques jours. Chez certains sujets, phénomènes toxiques : céphalée, diplopie, vertiges, nausées, algidité. — Oti voit par là que ce traitement n'est

AiNTIMKK<:i!HIALISTKS ALLEMANDS.

S IX. — Mercurialistes et antimercurialistes allemands.

Ricord et ses élèves avaient mis en déroute les antimercurialistes français. Ceux d'Angleterre résistèrent plus longtemps et s'obstinèrent à placer sur le compte du mercure la plupart des graves désordres produits sur tous les systèmes de l'économie par la syphilis tertiaire. Un savant spécialiste anglais contemporain, M. Drysdale, après avoir soutenu longtemps que le mercure était inutile, sinon nuisible, dans le traitement de la syphilis, a fini par se convertir presque sans restrictions ni arrière-pensée.

I. Pendant que l'antimercurialisme perdait peu à peu du terrain en Angleterre, il en gagnait beaucoup dans la patrie d'un des premiers et des plus fougueux antimercurialistes, Ulrich de Hutten. Fricke, en Allemagne, insinua que si la syphilis était capable de produire des lésions osseuses, on n'observait que très rarement la carie et la nécrose chez les individus qui n'avaient pas pris de mercure

pas sans dangers, et je crois qu'il y a plus d'inconvénients que d'avantages à l'employer.

V argent et le platine ont été administrés sans succès contre la syphilis. L'antimoine et Y arsenic constituent le principe actif de tisanes très réputées. Les tisanes de Feltz, de Vigouroux, de Vinache, de Pollini sont faites avec des substances végétales et du sulfure d'antimoine, sel qui contient généralement une certaine quantité d'arsenic.

Le guaco, le tayauya ont été vantés sans raison (Rasori). — Le jaborandi, qui est tout à la fois sudorifique et sialagogue, a été recommandé dans la svphilose oculaire.

Mercure végétal. — On appelle ainsi un suc qui se retire de l'écorce du Mururé, arbre sans nom scientifique, d'origine peu connue, qui croit au nord du Brésil et sous les régions équatoriales.

D'après Chernoviz, le suc du mururé se donne à la dose de 4 grammes dans 15 grammes d'eau, en une seule fois et de deux en deux jours. C'est un drastique énergique. Les indigènes en font particulièrement usage dans le traitement des rhumatismes et surtout dans les accidents syphilitiques.

Le suc de l'écorce du mururé ou mercure végétal est un liquide rougeâtre, à odeur un peu vineuse, à saveur douceâtre, de consistance sirupeuse et à réaction acide. Injecté après neutralisation dans la veine marginale de l'oreille d'un lapin, à la dose de 4 cent, par kilo, il produit la mort en une demi-heure. Par voie stomacale, à la dose de 8 cent, par kilo, la mort arrive chez un chien en 24 heures. L'expérimentation thérapeutique n'en a pas été faite. MM. Cathelineau et Rebourgeon ont publié sur lui une note dans le Bulletin de la Société deDerm. et de Syph., 1893, pp. 458, 724.

1. Fricke (de Hambourg) avait essayé successivement le mercure et le traitement simple. Il crut constater qu'avec le premier les symptômes étaient plus graves et plus prolongés. Il donna donc la préférence au second, qu'il formula ainsi : régime très sévère composé de 60 grammes de pain, six cuillerées de légumes, trois soupes à l'eau et, pour boisson, de la décoction d'avoine. Afin de renforcer cette diététique, on administrait tous les jours quatre cuillerées d'une solution de 48 grammes de sulfate de magnésie dans 250 grammes d'eau. — Fricke ne proscrivait pas complètement le mercure; il le regardait même

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