‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 290 sur 610 · TRAITEMENT PAR LE SÉRUM DK SYPHILITIQUE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT PAR LE SÉRUM DK SYPHILITIQUE

lion, se développeraient avec une extrême bénignité ou récidiveraient très difficilement. — En traitant des individus chez lesquels on pouvait avoir la conviction profonde mais non absolue qu'ils étaient destinés à avoir la syphilis, j'ai voulu commencer l'expérience en me servant d'un sérum sanguin, d'abord de syphilitiques arrivés à la période gommeuse et avec des manifestations actuelles, puis de syphilitiques chez lesquels les phénomènes se rattachaient à une infection datant au moins de un an, enfin de syphilitiques chez lesquels l'infection était encore plus récente et qui avaient subi quelques mois d'une cure iodo-mercurielle. « Préalablement je me suis assuré qu'un tel sérum ne contenait aucune quantité appréciable de mercure; autant qu'il m'a été possible, j'ai opéré avec un sérum filtré, en donnant la préférence au filtre d'Arsonval, et cela pour ne pas inoculer de globules sanguins ou de germes actifs d'une autre infection que le sang aurait pu contenir.

« Le sérum était tenu en permanence dans de la glace et on s'assurait de sa pureté tous les deux ou trois jours, à l'aide du microscope et de l'ensemencement dans des tubes de gélatine. Sur 200 inoculations environ faites jusqu'à ce jour, je n'ai eu à constater aucun fait de sepsie locale ou générale. La dose de sérum adoptée pour chaque inoculation a été de un demi à un centimètre cube. J'ai fait d'abord une inoculation tous les trois jours, puis tous les deux jours et enfin quotidiennement. La voie que j'ai choisie a été le tissu cellulaire sous-cutané, parce que l'absorption y est assez rapide, et parce que l'introduction directe dans les veines ne me semble pas exempte d'inconvénients, surtout à cause de l'action immédiate que le sérum peut exercer sur la substance globulaire.

Quant aux résultats, aujourd'hui je me borne à dire que de telles inoculations ne sont pas indifférentes; mais quant aux effets curalifs, je n'ai pu arriver à aucune conclusion durant des expériences qui ne remontent pas à beaucoup plus de deux mois. »

J'ai tenu à donner textuellement le mémoire de M. Pellizzari pour montrer le cas que je fais de ce savant syphiliographe et aussi parce que ses tentatives sont ingénieusement conçues et appliquées. Assurément, c'est dans cette direction qu'il faut chercher un antidote, un vaccin, pour conférer l'immunité ou diminuer cl guérir les résultats de l'infection. Mais le trouvera-t-on dans le sérum des syphilitiques? Il csL permis d'en douter. Je ne crois pas non plus que nous puissions fonder grand espoir sur le sérum des animaux parce qu'ils sont réfractaires à la syphilis.

Dans une communication faite le 4 avril, au Congrès international de médecine à Rome, M. Pellizzari a donné les résultats obtenus par sa méthode. L'expérimentation n'ayant pas encore été faite sur une grande échelle, il est impossible de se prononcer d'une façon décisive. Toutefois, on est bien forcé d'avouer que jusqu'à présent les effets curalifs ont été fort équivoques. C'est du moins l'impression que

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