INCERTITUDIS POUR TOUJOURS SI LES SPÉCIFIQUES
jusqu'à ce que les accidents secondaires viennent dissiper les obscurités du diagnostic et mettre un terme à votre incertitude.
Celte fausse manœuvre n'a pas pour conséquence prochaine d'altérer sensiblement la santé des malades. Elle fait pis : elle nous enlève souvent tout moyen d'être dûment édifiés sur le fait de l'infection. Elle place le malade et le médecin dans un étal de perplexité fort pénible, qui dure quelquefois indéfiniment, el dont maintes circonstances, dans le présent et surtout dans l'avenir, révèlent les fâcheux résultats. N'est-il pas, en effet, d'une importance capitale pour un sujet de savoir s'il a ou s'il n'a pas la syphilis ? Est-il indifférent au médecin d'être ou de ne pas être renseigné sur cette question ?
Les malades sentent instinctivement la nécessité d'une solution nette, qui ne laisse aucune obscurité dans leur esprit. J'en ai vu beaucoup se montrer inquiets et même s'alarmer quand n'apparaissaient pas les signes évidents de la syphilis généralisée. J'avais beau leur affirmer qu'ils étaient infectés, que leur chancre était incontestablement syphilitique; que, si je n'en avais pas eu la conviction absolue, je n'aurais pas institué la médication mercurielle, etc., etc. ; ils désiraient voir quelque manifestation secondaire confirmer mon diagnostic; ils se réjouissaient presque quand elle se montrait, et je dois avouer que, moi aussi, je n'en étais pas fâché.
Que répondre à un patient qui vient vous dire qu'il a eu autrefois un chancre douteux, sur la nature duquel le médecin qui le soignait alors n'a jamais pu se prononcer, et qu'il a traité néanmoins par le mercure, comme s'il était infectant? Que lui répondre, s'il veul savoir définitivement à quoi s'en tenir? Que lui conseiller, s'il vous assure que jamais celte lésion n'a été suivie d'accidents constitutionnels, et s'il ajoute que, pourtant, il n'est pas sans crainte sur le présent et sur l'avenir; qu'il voudrait se marier, mais sans aucun risque de contagion pour sa femme et de transmission héréditaire pour ses enfants, etc., etc.?
A quelque moment qu'on vous pose ces questions, que ce soit quelques mois ou quelques années après l'événement sur lequel plane cette inquiétante incertitude, vous serez toujours fort embarrassés. Faut-il continuer ou reprendre le traitement mercuriel? Faut-il l'interrompre et l'ajourner indéfiniment?
En pareille occurrence, je crois que le parti le plus raisonnable est encore rexpcclalion. Si, après la plus minutieuse enquête, vous