SONT DONNÉS AU DÉBUT D'UNE INFECTION DOUTEUSE
ne parvenez à découvrir chez votre malade aucun vestige, ancien ou récent, d'infection généralisée, ni aucune trace de syphilis primitive, telle que cicatrice caractéristique, induration ganglionnaire persistante, abstenez-vous et attendez. Ne vaut-il pas mieux agir avec cette sage prudence qu'infliger encore un traitement mercuriel peut-être inutile, et qui, dans tous les cas, ne pourra que masquer déplus en plus ce que vous avez tant d'intérêt à connaître?
La question du mariage me semble aussi devoir être ajournée et renvoyée, au moins à la troisième année. Passé ce terme, on peut l'autoriser.
Je ne voudrais pas exagérer les inconvénients de cette médication mercurielle en l'air, qui n'a pour base qu'une lésion équivoque. Il est rare, en effet, que l'hydrargyrisation contre l'accident primitif, même quand elle est poussée loin, prévienne complètement les manifestations constitutionnelles ou les ajourne à une époque très éloignée. Tout sujet, à part quelques très rares exceptions, qui a eu réellement la syphilis primitive, n'échappera pas à ses conséquences. Il sera plus ou moins atteint, parfois d'une façon presque imperceptible ; mais, enfin, dans les six premiers mois, une ou plusieurs lésions révélatrices se montreront toujours, quelque effort que nous fassions pour les étouffer dans leur germe. Aussi me paraît-il rationnel et clinique d'attribuer l'absence des accidents constitutionnels à un chancre faussement présumé syphilitique plutôt qu'à la médication hydrargyrique. — Raison de plus pour conseiller l'abstention.
IV. Il y a d'autres cas qui, en fait de traitement général, soulèvent autant de difficultés aussi graves que la précédente : ce sont ceux dans lesquels une syphilis primitive, entourée de toutes les garanties d'authenticité que l'on peut souhaiter, n'est jamais suivie d'une infection généralisée. Je parle, bien entendu, d'une vraie syphilis primitive survenant chez un sujet qui n'a pas eu la vérole ; et j'écarte toute hypothèse de ces prétendues réinfections dans lesquelles les lésions que l'on prend pour des chancres ne sont que des manifestations tertiaires.
Que faire et que conseiller, au bout de six mois, d'un an, de deux ans, de trois ans, lorsque l'organisme reste toujours muet? Y a-t-il rien de plus énigmatique ? Pour s'en rendre compte, il faut avoir vu et soigné de pareils cas, comme cela m'est arrivé souvent. — Vous instituez contre la syphilis primitive très légitime une