TRAITEMENT DE L'INFECTION QUI NE SE GÉNÉRALISE PAS
médication mercuriellc el iodurée. Vous faites tout ce qui est thérapeuliquemcnt possible pour la guérir et pour prévenir ses conséquences. Yous la guérissez, et vous prévenez si bien ses conséquences que vous en arrivez à vous demander, avec une anxiété que le temps ne fait qu'accroître, s'il y a eu ou s'il n'y a pas eu infection généralisée.
Est-ce à une sorte d'immunité individuelle qu'est due l'absence delà syphilis proprement dite ? Est-ce au traitement? Après trois, quatre, six mois de ce traitement, qui ne s'adresse plus à rien de tangible ni de visible, depuis la guérison de la syphilis primitive, faut-il supposer que le malade est guéri et n'a plus besoin de nos soins? Faut-il, au contraire, lui prescrire, pendant trois ou quatre ans, à des intervalles plus ou moins éloignés, des traitements mercuriels et iodurés successifs? A quelle époque lui permettra-t-on le mariage ?
Eh bien, je crois que, si le diagnostic de la syphilis primitive a présenté toutes les garanties les plus solides et les plus complètes, il faut intervenir ultérieurement et agir à peu près comme si la syphilis généralisée ne restait pas à l'état virtuel. Je crois aussi qu'il est prudent, pour l'entourage du malade, pour sa famille et pour sa race, de le tenir toujours en garde contre la possibilité d'accidents contagieux et de ne l'autoriser au mariage que trois ans environ après la syphilis primitive.
Vous voyez par là de quel poids pèse dans la balance de nos incertitudes, quand nous n'avons aucun moyen satisfaisant d'en sortir, le diagnostic formel, indiscutable de la syphilis primitive.
La durée de cette période étant assez courte, puisqu'elle ne dépasse pas ordinairement cinq semaines, il n'est pas nécessaire d'interrompre la médication mercurielle, d'autant moins que les malades ne viennent qu'exceptionnellement nous consulter dès l'apparition de l'accident primitif. On ne le ferait que s'il survenait des signes d'hydrargyrisme du cùlé de la bouche ou des voies digestives. Néanmoins, j'ai l'habitude de suspendre les spécifiques dix jours à peu près avant l'époque présumée des accidents secondaires, afin de donner un peu de repos à l'organisme el de le rendre plus apte à subir avec fruit le traitement de la syphilis généralisée."