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LE PRINCIPE D'UN TRAITEMENT ÉNERGIQUE DÈS LE DÉBUT

II. Qu'on ne s'y trompe pas : rien ne serait plus mauvais, pendant les premiers mois de la syphilis généralisée, qu'une médication faible, relâchée, sans direction ferme et sans persévérance. La campagne thérapeutique doit, au contraire, être vigoureusement menée. Il est d'une excellente stratégie de frapper très fort et sans interruption sur tous les premiers accidents, pendant 4 ou 5 mois, de manière à les juguler, à les mettre rapidement en déroute, à déblayer ou à stériliser le plus tôt possible le terrain morbide, à refréner sa fermentation si exubérante dans cette phase du processus infectieux.

Ce principe général étant posé, il ne faut pas le rendre invai'iable en ses applications. Nous devons, sans le perdre de vue, lui laisser une souplesse, une élasticité qui nous permettent, dans la pratique, de nous plier à toutes les circonstances si multiples que présentent les événements, suivant les individus. Il ne doit y avoir rien d'immuable que quelques grandes lignes dont nous ne devons pas nous écarter.

Si notre intervention doit être énergique et toujours sur le quivive dans la période secondaire, il importe cependant qu'elle ne le soit point au même degré dans tous les cas. Ainsi, je n'admets pas que, sous prétexte d'attaquer à fond la diathèse et de la subjuguer du premier coup, on mercurialise à outrance un sujet qui n'a, par exemple, qu'une simple roséole rubéoliforme ou quelques plaques muqueuses. Si vous lui infligiez la méthode la plus puissante d'hydrargyrisation, telle que les frictions et les injections de sels insolubles, que feriez-vous dans le cas où, au lieu d'une détermination cutanée bénigne, il serait couvert de papules, de plaques cutanées, de pustules ou de tubercules ulcéro-serpigneux?

Tout en restant fidèles à l'axiome d'une répression forte pour maîtriser les symptômes et neutraliser ou tarir leur source diathétique, apportons-y une mesure exempte de toute idée préconçue, de tout esprit systématique.

L'art consiste à concilier les indications évidentes fournies par

en a fort peu qui s'emportent en diatribes violentes contre le mercure, comme c'était assez commun, il y a seulement 30 ou 40 ans. « Excepté à Edimbourg, dit M. Hutchinson, je crois qu'on trouverait à peine quelques antimercurialistes en Angleterre ; et, pour le dire en passant, les cas les plus graves de syphilis que j"'ai eu à traiter dans ces dernières années viennent de cette ville. On s'était abstenu systématiquement de leur donner du mercure pendant la première phase de la maladie. (The modem Treat. of Syph., The practitioner June 1891.) Quant à M. R.-W. Taylor, il déclare ne pas connaître d'antimercurialistes en Amérique.

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