NE DOIT PAS ÊTRE INVARIABLE DANS SES APPLICATIONS
les symptômes et les indications, plus obscures et moins faciles à pénétrer, qu'implique aussi leur substratum, c'est-à-dire la puissance, la profondeur et la durée de l'infection.
III. Ce problème, qui est sans contredit le plus difficile à résoudre, si on embrasse la maladie dans toutes ses phases, ne présente que peu de difficultés à celle dont nous nous occupons. La syphilis étant alors presque toujours en action, sur un ou plusieurs points de l'organisme, nous n'avons pas à nous préoccuper de sa latence. Notre tâche est fort simple. Pendant les cinq ou six premiers mois, nous n'avons qu'à nous laisser guider par les accidents ; nous pouvons même les devancer, car nous avons la presque certitude qu'ils surviendront. En outre, comme nous sommes en pleine bataille, il n'y a aucun inconvénient à rester toujours armés et à nous servir de nos moyens de défense et d'attaque avec une certaine exagération, eu égard aux forces morbides que nous avons à combattre. Tenons-nous en garde contre leur retour offensif.
Dans ces vues générales sur la stratégie thérapeutique qu'exige un bon traitement de la syphilis, il est fort difficile de préciser la question de doses, de durée et de mise en œuvre simultanée ou successive de nos deux spécifiques, etc., etc. Yoici ce que je disais, à ce sujet, dans mon ouvrage sur la Syphilis primitive et la Syphilis secondaire (p. 1006) :
Et, à ce propos, j'ai toujours admiré avec quelle confiance en euxmêmes, pleine d'une enviable sérénité, quelques syphiliographes se complaisaient à détailler par le menu le traitement de la syphilis. Ne vous imaginez pas qu'ils se bornent aux grandes indications, à celles qui reposent sur les accidents principaux, sur l'époque présumée de leur apparition, sur leur processus, sur leur durée, etc., ni qu'ils s'embarrassent des circonstances multiples et variées qui tiennent encore plus au malade lui-même qu'à son affection... Non. La syphilis, pour eux, est un être abstrait, et c'est contre cette abstraction qu'ils organisent leur campagne thérapeutique, dont le plan serré, et le même à peu près pour tous les cas, doit assurer la victoire. Cette uniformité un peu monotone, ils la rachètent par la précision des moyens thérapeutiques et la fixation rigoureuse du moment et de la durée de leur action. Ils sont si imperturbables dans leurs prévisions, qu'ils vous disent d'avance ce qu'il faut faire, mois par mois, presque jour par jour, non seulement pendant la première, mais aussi pendant les deuxième, troisième, quatrième, cinquième, sixième années de la syphilis...
Une mémoire ordinaire se perd et s'embrouille dans cette stratégie compliquée; elle succombe sous l'entassement des préceptes. Ne vous semble-t-il pas, comme à moi, qu'il y a peut-être dans ce luxe, dans