‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 306 sur 610 · D'AGIR, QUAND IL Y A URGENCE DE LE FAIRE · texte numérisé non relu

D'AGIR, QUAND IL Y A URGENCE DE LE FAIRE

Savez-vous à quoi on arrive quand on veut poser les préceptes d'un traitement applicable à tous les cas et régler systématiquement l'époque et la durée soit de ses reprises, soit de ses interruptions? On arrive à un défaut de concordance bizarre, choquant et antimédical, entre l'apparition des accidents et l'application du traitement destiné aies combattre. Que penser de cette méthode où l'on doit, quoi qu'il arrive, suspendre la médication pendant un mois, afin de neutraliser l'accoutumance ; et par contre, au bout de ce temps, toujours quoi qu'il arrive et qu'il y ait ou non des récidives, reprendre le traitement durant six ou huit semaines, à l'issue desquelles on accordera trois mois de répit. Cette supputation mathématique et arbitraire conduit à des conséquences singulières qu'il suffit d'énoncer pour en faire justice.

En procédant ainsi, qu'arriverait-il fort souvent? Qu'on ne traiterait le malade que quand il se porte bien, tandis qu'on se ferait un scrupule bizarre de lui donner quoi que ce soit qui puisse le guérir, quand il est couvert d'éruptions érythémateuses, papuleuses et papulo-tuberculeuses1, etc.

1. Critique des traitements successifs et intermittents de la syphilis, employés d'une façon systématique. — L'exagération d'une doctrine, d'un point de vue, même lorsque leur base est rationnelle, peut devenir une faute et conduire à des conséquences dangereuses. Les arguments les plus spécieux finissent par ne plus avoir aucun prestige lorsque les faits s'accumulent pour les condamner. Et puis, comme aucun médecin ne peut se vanter d'être à lui tout seul en possession de la vérité absolue, beaucoup d'esprits indépendants secouent le joug que voudraient leur imposer ceux qui ont celte prétention.

Parmi les syphiliograpb.es qui ont critiqué avec le plus d'autorité, le système du traitement de la syphilis adopté et préconisé d'une façon exlusive par M. le professeur Fournier, il faut placer Diday en première ligne. Dans plusieurs de ses ouvrages, il en a montré les côtés artificiels, les points faibles, les suites fâcheuses. — En 1893, il résuma ses attaques dans une brochure intitulée : Examen critique des traitements de la syphilis successifs, intermittents, prolongés. Lettre à M. le professeur A. Fournier.

Quelque temps après, un éminent syphiliographe, M. le professeur E. Lang, fit, sur ce sujet, une communication au Collège des docteurs devienne, intitulée : Valeur du traitement successif et intermittent chronique de la syphilis. En voici quelques extraits :

« Comme je tiens, dit ce savant professeur, la méthode de Fournier pour très nuisible, je considère comme de mon devoir de l'analyser de plus près, afin de pouvoir déterminer très exactement sa valeur réelle. — La méthode de Fournier est basée sur la nécessité d'opposer un traitement chronique à une maladie chronique. On sait, en elfet, que les manifestations syphilitiques surviennent quelquefois des mois et des années après l'infection et qu'elles disparaissent rapidement après l'emploi des médicaments spécifiques, dits antisyphilitiques. Mais, tandis que nous opposons à chaque cas un traitement approprié à son individualité nosologique, Fournier croit mieux faire en opposant le mercure et l'iode à la marche de la syphilis en général. Son traitement est, comme il le dit, « préventif », et les médecins qui adaptent leur traitement aux particularités de chaque malade sont pour lui des opportunistes.

« Le mobile de Fournier, quand il essaie de prévenir l'éclosion des accidents syphilitiques par un traitement chronique, est tout à fait humanitaire. Seulement, le professeur de Paris n'atteint pas toujours son but, puisque dans son récent livre il signale des récidives au bout de 5, 6, 8 ans, sous l'orme de syphilis palmaire. Et quand, à cette récidive, il oppose de nouveau le mercure, n'agit-il pas, lui aussi, en opportuniste?

« Voici ce que Fournier comprend comme traitement idéal : Le malade prend Mauriac. 26

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