CRITIQUE DES TRAITEMENTS SUCCESSIFS TH01* SYSTÉMATISÉS
VI. Pondant les huit ou dix premiers mois de la période secondaire, la subintrance des poussées, ou leur apparition à brève
pendant 2 mois du mercure (par exemple, du protoiodure à la dose journalière de 10 centigrammes), et se repose 4 à G semaines. Nouvelle période mercurielle de 6 semaines, suivie d'un repos de 2 à 3 mois. Le traitement, est ensuite repris encore pour 6 semaines, et le malade se repose encore une fois et ainsi de suite. D'une façon générale, le malade fait 4 cures de mercure pendant la première année, 3 pendant la deuxième, 2 pendant la troisième. Le mercure est alors remplacé par l'iodure de potassium à Ja dose de 3 grammes par jour, en moyenne. Le malade fait alors 3 ou 4 cures d'iodure de potassium de 4 à 6 semaines pendant les 4", o' et 6" années. En somme, le traitement comprend 3 ans de mercure et 2 ou 3 ans d'iodure.
« Ce traitement est essentiellement irrationnel, en ce sens qu'il méconnaît l'histoire naturelle, l'évolution de la syphilis »
Après avoir analysé et commenté, avec une grande rigueur, les statistiques de M. Fournier, en faveur de son traitement, M. Lang le réfute et termine ainsi sa communication :
« Ceci montre, par conséquent, qu'une seule cure donne les mêmes résultats que le traitement successif ou intermittent chronique de Fournier.
« Je vais plus loin, et je soutiens que le traitement de Fournier est directement nuisible et qu'il rend graves les manifestations syphilitiques. J'ai pu le constater un grand nombre de ibis chez des malades traités par la méthode de Fournier. C'est à ce traitement que j'attribue les insomnies et les divers troubles ner veux si fréquents chez ces malades. Et je ne parle pas encore de la dyspepsie et de la dilatation de l'estomac sur lesquelles Jullien a attiré l'attention.
« Pour appuyer mon assertion, je vais encore citer les statistiques de Fournier. — D'une statistique que Fournier a présentée au Congrès dermatologique de Paris en 1889, il résulte que. sur 2 39;> cas de syphilis tertiaire, 106 ont été observés pendant la première année, 227 pendant la seconde, 2o6 pendant la troisième; à partir de la quatrième année, les chiffres vont en diminuant.
« Ce qui frappe dans ce tableau, c'est la fréquence de la syphilis tertiaire pendant la première année et son accroissement considérable pendant les deux années suivantes. Jamais nous n'avons observé cette fréquence, et la statistique déplorable de Fournier ne s'explique pas autrement que comme effet de son traitement, c'est-à-dire que le traitement dit préventif fait éçlore, et d'une façon précoce, les manifestations syphilitiques qu'il est censé endiguer.
« Autre statistique relative à la syphilis tertiaire. Sur 3 429 cas de. syphilis tertiaire, Fournier ne compte pas moins de 1 085 cas où le système nerveux a été touché d'une façon ou d'une autre, chiffre énorme, effrayant, surtout quand on le compare à celui que, pour la syphilis cérébrale, donnent les autres traitements. Il est vrai que Fournier a une tendance à considérer le tabès comme d'origine syphilitique. Mais, quand même on défalque du nombre des syphilitiques cérébraux les 3oo labétiques que cite Fournier, on trouve encore 3 Ô74cas de syphilis tertiaire avec 730 cas de syphilis du système nerveux. Autrement dit, sur 4 syphilitiques on en trouve un atteint du côté du système nerveux. Si l'on songe que ces cas viennent de la clientèle personnelle'de Fournier, on est amené à dire, avec Watraszewski, « que ce triste résultat est loin de répondre aux espérances du promoteur et des partisans de celte méthode ».
« Mon expérience personnelle me porte à croire que cette fréquence de la syphilis du système nerveux doit être attribuée en entier au traitement mercuriel tel que le pratique Fournier. Bien des fois j'ai été appelé, comme consultant, auprès de malades qui, après un traitement à la Fournier, souffraient de maux de tète et présentaient des accidents nerveux variables. Je faisais cesser tout traitement et ces malades voyaient tous leurs accidents disparaître sans médication, après un simple séjour à la campagne ou au bord de la mer. Aussi, Fournier, après avoir constaté l'inefficacité de son traitement continué pendant 2, puis pendanl3, puis pendant 4ans, exige aujourd'hui que le trailement