‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 31 sur 610 · PARTISANS ET ADVERSAIRES DU TRAITEMENT HYPODERMIQUE · texte numérisé non relu

PARTISANS ET ADVERSAIRES DU TRAITEMENT HYPODERMIQUE

§ XT. — Traitement de la syphilis par les injections sous-cutanées. Méthode hypodermique.

Jusqu'en 1864, on n'avait recours qu'à trois modes d'introduction du mercure dans l'organisme pour traiter la syphilis : la méthode cutanée, qui comprenait les frictions, la balnéation, les fumigations mercurielles; la méthode pulmonaire, beaucoup plus restreinte et bornée aux inhalations de vapeurs hydrargyriques; elle est un complément des fumigations cutanées; enfin la méthode stomacale, c'est-à-dire l'ingestion du mercure et de ses préparations dans Festomac et son absorption par la muqueuse gastrointestinale. C'est cette méthode qui avait prévalu. Elle était employée partout. L'école française avait plus que toute autre contribué à la régler, à la rendre usuelle et par conséquent à la vulgariser. Le grand inconvénient qu'on pouvait lui reprocher, c'était de produire des troubles gastro-intestinaux, quand il fallait dépasser les doses faibles ou moyennes et les rendre intensives. Les frictions aussi n'avaient-elles pas leurs incommodités, leurs désagréments, et les fumigations encore plus?

A qui revient l'idée de faire pénétrer le mercure dans l'économie par les injections hypodermiques ? Il paraît que Hunier et Hébra, en Allemagne, l'eurent à peu près en même temps, vers 1863. Leurs premiers essais ne furent pas satisfaisants, et ils renoncèrent à les poursuivre. Plus tard, ils furent repris par MM. Scarenzio (de Pavie), Semmola (de Naples) et Lewin (de Berlin). Les succès qu'ils obtinrent firent grand bruit. On vanta môme outre mesure l'efficacité de ce qu'on appelait une nouvelle doctrine thérapeutique. Quoi qu'il en soit, elle eut bientôt beaucoup d'adhérents. Fin France : Liégeois, Martineau, M. Jullien; en Angleterre : Berkeley Hill, Walker, James, Anderson ; en Italie : Soresina, Profeta, De Amicis, Ricordi ; en Russie : Smirnoff (de llelsingfors), etc., etc., en devinrent plus ou moins partisans.

I. M. Lewin est un de ceux qui ont le plus contribué à mettre en honneur cette méthode qu'il expérimenta sur une grande échelle et dont il publia les résultats, en 1864. Il employait le sublimé dissous dans l'eau. Cent sept syphilitiques furent soumis à ce traitement. Le nombre des injections faites sur chaqi'C malade fut de seize, en moyenne, et la quantité de sublimé administrée de 15 centigrammes environ. Quinze à vingt join s suffirent pour amener la guérison, sans accidents locaux. C'était là le point

INJECTIONS MEHCURIEUES HYPODERMIQUES SOLUBLKS.

principal, par ce qu'on reprochait surtout à la nouvelle méthode, c'était de produire des douleurs, des abcès, des engorgements et même de la gangrène au niveau des points piqués. Dans les expériences de M. Lewin, Les abcès ne survinrent que deux ou trois fois pour cent en moyenne. La salivation qu'on craignait fut beaucoup moins fréquente qu'avec les autres procédés. Le seul inconvénient fut une vive douleur. Le nombre des récidives s'abaissa considérablement et tomba de quatre-vingt-un pour cent, chiffre ordinaire avec les autres méthodes, à vingt-deux pour cent seulement.

Ce travail consciencieux eut un retentissement considérable en Allemagne. Une critique sévère aurait pu y découvrir des illusions et une trop forte dose d'optimisme ; mais de pareils défauts ne sont-ils pas nécessaires pour faire réussir une innovation quelconque ? Les principaux partisans plus ou moins exclusifs des injections mercurielles hypodermiques furent MM. Richler, Bœse, Derblick, Klemm et surtout Eulenbourg, dans son grand travail sur la méthode hypodermique.

IL Le premier moment d'enthousiasme passé, on vit cependant qu'il fallait en rabattre. Ainsi M. Merscheim fit remarquer que la rapidité des effets thérapeutiques ne compensait pas les graves inconvénients et même les dangers des piqûres : douleurs vives, abcès, gangrènes, etc. Sigmund et Grùnfeld se prononcèrent contre les injections. Sthor nia formellement la .supériorité de la méthode hypodermique sur la méthode endermique au point de vue de la durée du traitement. En outre, il insista sur les complications qu'il avait observées fréquemment dans les quatre-vingt-dix cas soumis à ces injections sous-cutanées : affaiblissement, accès fébriles, troubles digestifs, sans compter les accidents locaux. Il conclut en affirmant que les injections constituaient la méthode de traitement la plus surfaite et la moins praticable. En 1869, Uhlemann, Rosenthal, Kœlner se prononcèrent dans le môme sens.

Mon regretté collègue et ami Liégeois fut, en France, le promoteur de la méthode hypodermique. Il l'expérimenta largement à Lourcinc, puis à l'hôpital du Midi, de 1867 à 1871, date de sa mort. Il se servait de la formule suivante:

^ Eau distillée

Sublimé

Chlorhydrate d'ammoiii;u|iic

90 grammes.

0,20 centîgr.

0,10 CGÙtigft

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