‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 32 sur 610 · TECHNIQUE DES INJECTIONS HYPODERMIQUES · texte numérisé non relu

TECHNIQUE DES INJECTIONS HYPODERMIQUES

Il faisait, tous les deux jours, deux injections de 1 gramme de cette solution. 1 gramme contenait un peu plus de 2 milligrammes de sublimé. Outre les guérisons rapides obtenues à toutes les périodes de la syphilis, dans un délai relativement très court (37 jours), Liégeois vantait les heureux effets de sa méthode sur la nutrition des syphilitiques : augmentation de l'embonpoint, retour des forces, fonctionnement normal du tube digestif, guérison de la chloro-anémie, etc. Pour lui, le mercure injecté devenait un agent actif de rénovation moléculaire, qui facilitait l'apport et le départ des matériaux de nutrition et de dénutrition. Il préférait les petites doses, de 4 à 5 milligrammes par jour, aux doses plus élevées, de 6 à 25 milligrammes, préconisées par M. Lewin.

Ces conclusions si favorables firent en France plusieurs prosélytes: Gubler, MM. Léon Labbé, Spillmann, Marc Sée, Simonet, Diday, Dron, etc.

La thèse de M. Staub fut, avec les mémoires de Liégeois, le travail le plus complet sur la méthode des injections sous-cutanées. Pour lui, cette méthode doit être généralisée et employée dans toutes les périodes de la syphilis. Rapidité et sûreté de l'action thérapeutique, absence de toute complication locale au niveau de la piqûre1 : voilà les principaux arguments en sa faveur.

III. Ainsi ce qu'on faisait valoir en faveur de la méthode hypodermique, c'était : peu ou point de salivation mercurielle, point d'irritation stomacale ou intestinale, dosage précis, exiguïté de la dose nécessaire, absorption rapide et complète, et surtout promptitude très grande dans l'action thérapeutique. — Le bichlorure de mercure était la préparation qu'on employait le plus fréquemment. Le choix de la région pour la piqûre était important. On préférait avec raison celles qui étaient riches en tissu cellulaire. Gubler recommandait le dos et surtout les fesses, parce que ces

\. Celte bénignité loccale des injections, M. Staub l'attribuait à sa formule, qui est une solution chloro-albumineusc.

Sublimé lgr,2b

Chlorure ammonique lgr,25

Chlorure sodique 1B',1E>

Hlanc d'œuf n° \ .

Eau distillée 250 grammes.

Cette solution a été rarement employée en France. Du reste, on a multiplié les formules depuis vingt ans, sans qu'il en soit résulté de grands bénéfices pour les patients.

Mauriac.

MÉTHODE DU M. SCARENZIO l'A H LES INJECTIONS MASSIVES

parties, abondamment pourvues de tissu cellulaire, sont pauvres en vaisseaux cl en nerfs, ont une température moins élevée que le reste du corps et s'enflamment moins aisément. On recommandai I aussi le côlé externe du bras (Liégeois), les parties latérales du thorax, le dos près de l'omoplate (Lcwin, Neumann). On séparait les piqûres par une intervalle de 2 ou 3 centimètres.

On s'accordait à reconnaître que la méthode était surtout efficace contre les accidents secondaires squameux, érylhémateux ou pustuleux; que les manifestations ulcéreuses, et, en général, toutes celles qui dépendent du tertiarisme, se montraient plus réfractaires.

Quant aux doses totales pour une cure complète, il existait des divergences entre les auteurs. Au dire de M. Lewin , 15 centigrammes de bichlorure suffisaient. M. Bœse disait qu'il fallait aller jusqu'à 60 centigrammes. En tout cas, on s'accordait à reconnaître que la méthode hypodermique était, de toutes, celle qui demandait les plus faibles doses du spécifique.

IV. Jusqu'ici il n'a été question que des sels solubles pour les injections sous-cutanées, et particulièrement du sublimé, auquel on s'accorde à donner la préférence. Mais un autre procédé, resté obscur en France jusqu'en ces derniers temps, devait prendre le dessus. C'est celui qui consiste à se servir, pour la méthode, de préparations hydrargyriques insolubles. M. Scarenzio eut le premier l'idée d'y recourir. Aussi occupe-t-il une place importante et à part dans l'historique du nouveau mode de traitement. Ses premières expériences remontent à janvier 1864.

Le calomel étant un composé fort peu irritant, un topique doux pour la peau et pour les muqueuses, M. Scarenzio pensa qu'on pouvait l'introduire sans danger dans les tissus hypodermiques, à la faveur d'un excipient maniable qui le tiendrait en suspension. Une fois là, les chlorures sanguins le convertiraient en bichlorure, mais progressivement et avec assez de lenteur pour fournir chaque jour une dose de sublimé corrosif, dont l'absorption serait suffisante, comme effet curatif, sans arriver à être toxique. D'après le médecin de Pavic, 40 centigrammes de bichlorure, sûrement entraînés par ce procédé dans la circulation, suffiraient à la guérison d'une syphilis moyenne. Pour y arriver, on serait rarement obligé de dépasser le nombre de deux ou trois injections de calomel.

Cette méthode donna de bons résultats à M. Scarenzio. De nombreuses expériences faites de tous les côtés, à l'étranger et

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