INTERVALLES, DURÉE, DOSES DU TRAITEMENT SPÉCIFIQUE
qu'on peut les instiluer sans qu'elles portent par elles-mêmes aucun préjudice à la santé générale.
Quel intervalle mettre entre les reprises du traitement dirigé contre la diathèse latente ? Ici encore tout est arbitraire. Dans ce silence de l'organisme nous n'avons rien qui nous dise : il faut agir, il faut s'abstenir. Nous faisons des évaluations de fantaisie, qui varient suivant les inspirations de tel ou tel praticien. Aussin'écoutez pas ceux qui vous fixent jour par jour les étapes de ce traitement préventif.
Quelle durée donner à cliaque reprise de ce traitement qui ne vise plus aucun symptôme ? Un mois, six semaines ? Oui, à peu près. C'est ce que les voies digestives peuvent supporter sans trop de fatigue, et sans que l'accoutumance ait le temps de se faire.
Je suis obligé d'employer toutes les formes dubitatives du langage dans cette question, car, il faut bien l'avouer, nous ne pouvons agir ici qu'empiriquement.
Et que dire des doses ? Aura-t-on recours aux mêmes doses que dans le traitement dirigé contre telle ou telle manifestation? Ou bien prendra-t-on une dose moyenne qui sera la même pour tous les cas, sans intention préventive particulière ? Le taux d'un traitement vraiment thérapeutique est fort difficile et même impossible à établir, quand nous ne voyons pas ce que nous attaquons. Donneronsnous à un sujet qui jouit depuis longtemps d'une santé parfaite et qui est arrivé, je suppose, à la deuxième année de sa syphilis, sans avoir eu autre chose qu'une roséole et quelques plaques muqueuses, lui donnerons-nous 5, 10, 15 ou 20 centigrammes de protoiodure, 1, 2, 3 ou 4 centigrammes de sublimé? Emploierons-nous la méthode stomacale, ferons-nous des frictions ou des injections hypodermiques? Personne, à cet égard-là, ne peut décréter une formule catégorique de traitement.
« Wémasculez pas le traitement, dit M. R.-W. Taylor, par des cures multiples et à petites doses ». Mais qu'est-ce que vous entendez par petites doses ? « Que le stade de mcrcurialisation soit véritablement actif et capable d'influencer les malades », recommande M. Fournier. — Mais quel moyen avez-vous pour évaluer la quantité de mercure nécessaire à la neutralisation de cette diathèse qui ne nous donne plus aucune notion sur son activité ou son inertie, ni même sur son existence?
Le degré de mcrcurialisation d'un organisme ne se juge que par ses effets thérapeutiques ou ses effets toxiques. Du moment que vous