INDICATIONS RÉSULTANT DE CIRCONSTANCES ÉTRANGÈRES A LA SYPHILIS
administrez le mercure en évitant les effets toxiques et sans que vous ayez rien de visible à combattre qui puisse vous donner une idée de son action, vous êtes forcément condamné à un empirisme dont il est impossible de sortir. En pareille matière, vos conseils sont de vaines paroles, sans aucune raison solide pour porter la conviction dans les esprits.
Mais, enfin, à quoi faut-il se résoudre en fait de traitement chez les malades, de plus en plus nombreux aujourd'hui, qui n'ont que des syphilis à manifestations courtes, peu multiples, à peine ébauchées ? La plupart nous tirent d'embarras en ne revenant plus nous consulter.
A ceux qui désirent se traiter à fond, conseillez des cures mercurielles de plus en plus espacées, à mesure qu'on s'éloignera du début de la maladie. Commencez par les doses qui ont déjà efficacement combattu les dernières manifestations dans la période active et diminuez-les à chaque reprise, si la syphilis continue à rester silencieuse.
Des indications précises et sur lesquelles il n'y a aucune incertitude surgissent quelquefois tout à coup, quand la diathèse, après un long repos, donne lieu à des manifestations inattendues. Mais, outre ces indications formelles, il y a quelques circonstances étrangères à l'organisme que nous devons prendre en considération dans le traitement contre la diathèse latente.
Tenir compte, par exemple, des changements de saison. Le passage de l'hiver au printemps et celui de l'automne à l'hiver sont souvent marqués, chez les syphilitiques, pendant la période secondaire, par des récidives cutanées. Il y a dans ce fait une indication qu'on ne doit pas négliger. Je prescris souvent le mercure aux périodes sus-indiquées, parce que je crois qu'alors le réveil de l'action morbide est imminent et que la diathèse assoupie subit une sorte de fermentation sourde contre laquelle ce spécifique peut agir efficacement.
Voici encore une autre circonstance dans laquelle je le donne aussi, sans qu'il soit indiqué par aucun accident ou prochain ou éloigné: c'est lorsqu'un malade, impatient de se marier, ne veul pas attendre le terme probable de la période virulente, c'est-à-dire environ l'expiration de la troisième année. C'est au point de vue de la transmissibilité héréditaire que le mercure me semble exercer le plus incontestablement son action préventive. En pareil cas, il ne faut pas ménager les doses.