LA DURÉE MOYENNE DU TRAITEMENT
Il y a des malades qui ne peuvent passe dispenser de prendre du mercure ou de Tic-dure; d'autres, au contraire, ne veulent pas s'y résigner, parce qu'ils trouvent illogique, absurde et môme dangereux d'absorber de pareils remèdes, alors que dépuis longtemps leur maladie ne donne aucune preuve de son activité.
II. Quelle moyenne faut-il adopter entre ces deux extrêmes? Les opinions sont très variables. Autrefois, Ricord professait que six mois de traitement mercuriel et trois mois de traitement ioduré suffisaient pour neutraliser le virus vérolique. C'était là une grave erreur. Combien de syphilis, même d'aspect peu inquiétant, se révèlent par quelques méfaits au bout de 15, de 18 mois, de 2, de 3 ans et même plus, malgré les médications les mieux instituées ! Et que dire de ceux qui fixent d'avance le nombre de pilules ou de cuillerées de Van Swieten qu'on doit prendre ? Chomel insistait avec raison sur la nécessité do donner pendant longtemps du sublimé. Il tenait plus à la prolongation qu'à l'intensité du traitement mercuriel. Depuis cinquante ans, on a allongé peu à peu la moyenne du traitement de la syphilis par ses deux spécifiques combinés. On l'a même exagérée outre mesure et sans besoin.
Dans cette question de la durée moyenne du traitement antisyphilitique, c'est plutôt l'hydrargyre que l'iodure que Ton a en vue. parce que la grande majorité des syphilis ne dépasse pas la période secondaire. Et puis le mercure passe avec raison pour avoir une action plus puissante et surtout plus profonde et plus soutenue que l'iodure.
La durée moyenne qui paraît être la mieux adaptée à la plupart des cas est approximativement de trois ans1. Mais il y a bien des
1. Un axiome à peu près admis de nos jours par tous les syphiliographes, c'est que le traitement spécifique doit être admiuislré, non pas pendant des mois, mais pendant des années. Il est nécessaire qu'il soit très long pour répondre à la chronicité de la maladie.
Mais sa durée n'a rien de fixe, d'absolu et ne peut pas être évaluée rigoureusement, car il y a une infinité de circonstances, tenant au malade ou à la maladie, qui peuvent la faire varier dans de très larges limites.
Lorsque la syphilis est à manifestai ions récidivantes et réfraclaires, on est parfois obligé de traiter les malades pendant cinq à six années et itième plus, sans qu'il y ait à proprement parler de tertiarisme.
Et quand ce dernier existe il n'y a pas de limites. Ne rencontre-t-on pas des malades qui sont obligés de prendre du mercure et surtout de l'iodure de potassium toute leur vie, sans parvenir jamais à une guérison définitive?
On peut fixer à deux ans et demi, (rois ans, trois ans et demi la durée du traitement quand il s'agit des cas les plus ordinaires, les plus nombreux, ceux qui forment par leur ensemble ce qu on pourrai! appeler la syphilis courante.