‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 317 sur 610 · DOIT ÊTRE DE PLUSIEURS ANNÉES · texte numérisé non relu

DOIT ÊTRE DE PLUSIEURS ANNÉES

malades qui nous échappent avant ce terme et qu'on ne voit plus au bout d'un an et demi ou deux ans, quand ils ont la patience d'aller jusque-là. Il y en a quelques-uns, au contraire, que leurs syphilis réfractaires condamnent à une médication perpétuelle. Enfin, il y a les peureux, les maniaques, qui, en dehors de nos conseils, prennent sur eux de se traiter à perpétuité par le mercure et surtout par l'iodure qui est plus maniable et dont ils font un médicament saisonnier qu'ils trouvent indiqué au moins quatre fois par an.

Voici, sur la question de la durée du traitement, l'opinion que j'exprimais en 1881. Elle est encore la même aujourd'hui :

« Dans les syphilis moyennes ou bénignes, dans celles qui ne tendent pas, dès leur début, à devenir tertiaires et qui s'épuisent ou semblent s'épuiser à la fin de la période secondaire, quelle doit être approximativement la durée du traitement mercuriel? Il n'y a encore à cet égard rien de fixe et d'absolu. Je ne vous dirai point, comme les syphiliographes dont je vous parlais tout à l'heure, qui procèdent toujours par affirmations tranchées, par supputations mathématiques : Traitez pendant deux ans et demi, pendant trois ans, pendant quatre ans tous vos malades, pas un jour de plus, pas un jour de moins. Je vous dirai : Les phénomènes de la syphilis, quoique soumis à une certaine régularité pendant leur première phase, présentent de nombreuses variétés comme étendue, comme forme, comme durée, comme succession, etc. En outre, chaque malade leur communique uné partie de son individualité.

Pourquoi, dès lors, uniformiser le traitement et en assigner les limites à une date immuable? Ne vaut-il pas mieux, au lieu de poursuivre

celle qui règne aujourd'hui, sans grands écarts, à peu près sur tous les points du globe.

Nous sommes loin de la formule de Ricord : « Six mois de traitement mercuriel, k une dose journalière qui influence les accidents à combattre, et qui indique, après qu'ils ont été détruits, que le médicament agit encore par ses effets physiologiques connus; puis trois mois d'un traitement iodurë, destiné à prévenir les accidents éloignés de la dialhèse: telle est la médication qui donne les c ures les mieux soutenues, qui réussit, dans' l'énorme majorité des cas, à neutraliser véritablement le virus toxiqueje dirais volontiers à guérir la vérole, au moins dans la généralité de ses manifestations. »

La durée du traitement a été exagérée, comme beaucoup de bonnes choses, quand on poursuit le mieux au delà des limites raisonnables.

Ainsi Marlineau voulait que cinq années fussent la durée moyenne du traitement antisyphilitique. — .M. Maximilien Zeissl se rallie sans réserveà l'opinion de ceux qui préconisent les longues durées et, sans donner de chiffre, il dit que le traitement de la syphilis doit être prolongé le plus longtemps possible. — M. Hesnier déclare que le traitement de la syphilis embrasse' une série d'années ot souvent de longues portions de l'existence. — Denis-Dumont, de Caen, voulait qu'on s'occupAt de traiter la syphilis toute la vie.

D'après Neiser, le traitement doit durer do deux à quatre ans, sans qu'on ait à tenir compte de la présence ou de l'absence do symptô s morbides.

Lewantener traite ses malades pendant 4 ans; Keyes, pondant 2 ans 1/-2 à 3 ans 1/2; Webèr,de New- York, pendant 1 an 1/2 ot plus, avec des interruptions convenables; Alfred Cowper et Berkeley Hill, doux ans.

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