‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 318 sur 610 · CHOIX DES MÉTHODES ET DES PRÉPARATIONS · texte numérisé non relu

CHOIX DES MÉTHODES ET DES PRÉPARATIONS

d'avance une maladie abstraite qu'on suppose devoir êlre la même chez tous les individus, obéir à ses nombreuses fluctuations et se laisser toute latitude pour la traiter suivant les indications que présente chaque individualité morbide.

Chez les uns, le traitement demandera un an et demi ou deux ans, chez les autres trois ans, chez d'autres quatre ans et plus. Un malade, par exemple, a une syphilide très bénigne dans ses manifestations superficielles et circonscrites; ces manifestations se reproduisent par poussées successives pendant un an, dix-huit mois; puis un an se passe sans qu'il y en ait aucune. J'admets que, chez un pareil malade, vous continuiez le traitement après la disparition de la dernière poussée, que vous le repreniez même au printemps et à l'automne le plus prochain ; mais le recommencerez-vous pendant la troisième, pendant la quatrième année, si votre malade ne présente plus depuis un an aucun accident syphilitique? Ce serait, selon moi, abuser du traitement et le prolonger outre mesure. Qu'un autre malade, au contraire, soit atteint, à chaque instant, d'éruptions de plaques muqueuses, de poussées papulosquameuses, non seulement la première, mais la deuxième année; que les récidives s'étendent à la troisième en se circonscrivant et prennent le caractère tuberculeux; évidemment, en pareil cas, la durée du traitement devra dépasser ses limites ordinaires. Il faudra continuer et reprendre la médication hydrargyrique pure ou la médication mixte iodurée et hydrargyrique, non seulement pendant deux ou trois ans mais bien au delà de ce terme et peut-être indéfiniment. Entre ces cas extrêmes, il y en a beaucoup d'intermédiaires. Tout ce que je puis vous dire, c'est que dans les cas les plus bénins, il ne faut pas moins de deux ans à deux ans et demi de traitement. »

III. Quel est le choix des préparations mercurielles qu'ilfaut faire pendant cette longue moyenne du traitement spécifique ? Il n'y a aucune règle à cet égard-là. Aucune règle non plus pour le mode d'administration. Cependant la méthode stomacale est la seule à laquelle nous ayons recours, du moins en France, dans la majorité des cas qui réclament celle moyenne. Je donne indistinctement le proloiodure et le sublimé. Apres une première cure par le protoiodure que j'emploie toujours au début de la maladie, j'essaie le sublimé. Puis je reviens au proloiodure, et ainsi de suite en alternant, afin d'éviter une accoutumance qui se produit pour les préparations, autant que pour la médication. 11 m'arrivc môme de donner le protoiodure et le sublimé dans la môme journée, pour varier autant que possible, car l'uniformité est souvent fastidieuse et décourageante pour le malade, et il faut l'éviter quand il y a pour lui plus d'avanlages que d'inconvénients. Mais notre choix dans les médicaments doit être toujours subordonné aux conditions individuelles de tolérance ou d'intolérance qui sont souvenl très

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