‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 325 sur 610 · Y A-T-IL DES SYPHILIS ACQUISES SANS CHANCRE INFECTANT · texte numérisé non relu

Y A-T-IL DES SYPHILIS ACQUISES SANS CHANCRE INFECTANT

insolite, extraordinaire, en dehors de toule les prévisions, et, d'un autre côté, sa petitesse qui peut être extrême, son existence éphémère, enfin l'intérêt qu'ont cerLains malades à nous cacher le point précis sur lequel a eu lieu la contamination, etc., etc. : telles sont les principales circonstances, presque toujours illusoires, qui ont ébranlé la confiance de quelques esprits dans la doctrine qui n'admet pas de syphilis acquise sans néoplasie primitive.

L'observation clinique seule parviendra-t-elle à nous donner la preuve irréfragable que la syphilis acquise peut s'emparer en totalité de l'organisme sans s'y insinuer peu à peu au moyen de la néoplasie primitive? Il est permis d'en douter. On objectera toujours que, si la généralisation infectieuse d'emblée n'était pas absolument contraire aux règles qui gouvernent le mode d'invasion habituel dans la syphilis acquise, on ne manquerait pas de la rencontrer fréquemment. Remarquez que je ne conteste pas la possibilité du fait. 11 ne choque en rien nos connaissances anatomiques et physiologiques. Il s'accommoderait même de ce que nous enseignent sur l'absorption morbide la pratique et l'expérimentation. Pourquoi ne deviendrait-on pas syphilitique sans passer par le chancre? Oui, assurément, on le pourrait. Mais les choses ont été arrangées, je ne sais comment ni par qui, de telle façon que, sur des milliers de syphilis acquises, il n'y en a qu'un nombre infime où on ne puisse découvrir la néoplasie initiale. Malgré toutes nos objections, le nombre fait loi et cette loi a certainement sa raison d'être, quoique nous ne la connaissions pas.

Aussi, a priori, peut-on affirmer que le chancre infectant n'a pas fait défaut, alors même que l'investigation la plus minutieuse et la plus éclairée n'est point parvenue à le découvrir. Il peut nous échapper pour plusieurs raisons qu'il faut toujours avoir présentes à l'esprit quand on se met a sa poursuite. Trois surtout sont importantes. Ce sont: son extraordinaire polymorphisme, son ubiquité et son implantation sur des points où nous ne pouvons l'atteindre pour nous assurer de son existence par la vue, par le toucher ou par tout autre moyen propre à nous confirmer sa présence. Le polymorphisme de l'accident primitif, sur lequel j'ai tant de fois insisté, ne peut guère plus nous tromper. Parmi les circonstances qui s'y rattachent, les plus fallacieuses, au point de vue qui nous occupe, sont assurément la petitesse extrême de la lésion et sa très courte durée qui la réduisent à quelque chose de tout à fait insignifiant et qui équivaut presque à sa non-existence.

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