N'EST JAMAIS SUIVI D'AUCUN SYMPTOME D'INFECTION GÉNÉRALISÉE
que le mari avait eu autrefois la syphilis; mais je n'ai pu en découvrir aucune preuve positive.
On ne peut faire que trois hypothèses sur la nature de cette lésion qui présentait tous les caractères du syndrome initial : c'était une lésion commune, un chancre syphilitique sans infection généralisée ou une syphilose génitale tertiaire.
La seconde hypothèse, celle de chancre syphilitique sans infection généralisée, est-elle admissible ? Je ne le pense pas, puisque le patient n'a pas infecté sa femme.
Mais ici se présente une question qui n'est pas résolue et qui le sera difficilement. Pour affirmer qu'il existe des chancres syphilitiques bien légitimes qui ne donnent pas lieu à une infection généralisée, il faudrait deux preuves : la première, c'est qu'ils sont survenus, dans le délai ordinaire, après une contamination bien établie ; la seconde, c'est qu'ils sont contagieux et peuvent communiquer une néoplasie primitive suivie ou non d'accidents généralisés. — Trouvons-nous ces deux preuves dans les cas qui ont été relatés? Non; aussi reste-t-il toujours quelque doute sur leur authenticité spécifique. J'incline à croire que la plupart sont des lésions d'ordre commun qui ont usurpé, on ne sait trop pourquoi, toutes les apparences de la syphilis primitive sans y avoir aucun droit.
N'est-ce pas ce qui eut lieu dans le cas suivant? Je n'avais aucun doute sur la moralité du malade. Il m'affirmait, en outre, qu'il n'avait pas eu de rapports avec d'autres personnes que sa femme chez qui il ne pouvait exister le moindre soupçon d'une maladie vénérienne. Aussi quel ne fut pas mon étonnement quand je constatai, dans la fossette gauche du filet, une lésion présentant tous les caractères du chancre infectant avec adénopalhie inguinale caractéristique ! La marche et la durée furent celles de la néoplasie primitive. Un des ganglions de l'aine s'enflamma et devint le siège d'un petit abcès qui guérit très vite. J'étais tellement convaincu qu'il s'agissait d'un vrai chancre que je prescrivis un traitement spécifique interne. Je supposai que la lésion avait été contractée sur les lieux d'aisances (j'en ai vu deux cas très probants) dans la grande fabrique remplie d'ouvriers qu'il dirigeait. — Mais des semaines s'écoulèrent, puis des mois, sans la moindreapparitiond'accidentsconsécutifs. Voilà maintenant plus de dix ans que je revois souvent M. X., qui est un de mes amis, et il n'y a jamais eu chez lui aucune trace d'infection généralisée. Comme je le fais toujours, j'avais suspendu l'usage du protoiodure 8 ou 10 jours avant l'époque présumée des accidents secondaires, et il n'a pas été repris depuis.
Dubois Ilavcnith en relata (Congrès intern. deDcrmat. et deSyph. Paris, 1889) un dans ce genre, constitué par un chancre induré du prépuce avec phimosis. Les ganglions n'étaient pas sensiblement pris. Tous les 5 jours, pendant une année, le patient fut examiné avec soin. Il ne se. montra chez lui aucun symptôme de syphilis généralisée. MM. Burnelt, Bryson, Barthélémy, Auberl, Kaposi,