EXCISION DU CHANCRE SYSTÉMATIQUEMENT CONSEILLÉE
commeni le savoir ? Go qui, au contraire, est bien positif, c'est que des cautérisations sur des chancres qui étaient d'abord mous ne les ont pas empècliés de s'indurer plus tard. Diday, plus absolu encore que M. Rollet, déclarait autrefois que, dans aucun cas, la cautérisation abortive n'avait pu s'opposer à l'empoisonnement syphilitique'.
III. La vraie date du traitement abortif moderne de la syphilis, au moyen de l'excision du chancre, remonte à l'année 1867 où parut le mémoire de Hùter, intitulé « Excision der Ulcusinduratum » {lie ri. Klin. Wochenschrift, n° 27,1867). Ce médecin fut le premier à donner le conseil d'exciser systématiquement le chancre infectant pour atténuer, retarder, supprimer la syphilis dans sa première phase. Il affirma qu'il avait fait avorter 2 cas de syphilis sur 7 où le chancre avait été enlevé par l'excision. Voici quelle était sa technique opératoire :
« D'abord l'ulcère est détergé au moyen d'une irrigation énergique, de plusieurs minutes de durée, faite avec de l'eau chaude additionnée d'un peu de permanganate de potasse. Puis on le soulève avec des pinces à crochets et on l'excise d'un coup de ciseau. On réunit ensuite les lèvres de la plaie au moyen de points de suture et en se servant d'une autre pince. »
Cette citation mérite d'être faite, car nous n'avons guère rien changé à la technique conseillée par Hùter. En 1869, l'excision fut pratiquée sans succès par un médecin anglais, Coulson, et, de même, en 1870, par M. Thiry, de Bruxelles. M. Yogt la conseillait en 1871, M. Lewin la pratiquait inutilement en 1873, et M. Casparv. sans plus de succès, en 1876. Les cas d'abortion manquée, rapportés par ces deux derniers observateurs, satisfont à la plupart des conditions qu'on doit exiger et rentrent dans la trop petite catégorie des bonnes observations.
Si le mémoire do Hùter marque une date, il faut bien reconnaître
i. Vers la fin du dernier siècle, les écrils de Benjamin Bell, et surtout ceux de Munter, avaient suggéré l'idée du traitement abortif. Ces deux célèbres chirurgiens enseignaient que le chancre était, toujours local et que l'infection généralisée ne se produisait qu'ultérieurement, et comme une conséquence plus ou moins éloignée de l'accident primitif. CeLte doctrine n'impliquait-elle pas la possibilité de l'abortion ? C'est elle qui la fil tenter, il y a plus d'un demi-siècle, par von Langenbecb. Lors de la communication faite par Muter à la Société de médecine de Berlin» von Langenbecb raconta qu'il avait enlevé à un malade, en même temps que le prépuce, trois chancres indurés et ulcérés. Au boni d'un an, il n'était survenu aucune manifestation secondaire de la syphilis. — Voyez un très bon mémoire du docteur K. Ricklin sur Y excision du chancre syphilitique, sa valeur abortive, ses indications (Revue de thérapeutique générale et thermale, iv 23 et 24). La question historique y est fort bien traitée.