‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 335 sur 610 · POUR FAIRE AVORTER LA SYPHILIS · texte numérisé non relu

POUR FAIRE AVORTER LA SYPHILIS

qu'il n'eut pas un grand retentissement et que sa méthode fit peu de prosélytes. Elle ne devait se propager et occuper une place importante dans la pratique que dix ans plus tard, lorsque parurent les travaux de MM. Auspitz et Unna sur ce sujet [UeÔer die Excision der Syphilitischen Initial Sclérose und Die Anatomie des Syphilitischen Initial Sclérose ( Vierteljahresschrift fur Dermat. und Syph.

1877, pp. 105-200). — Ces observateurs rapportèrent que, dans 33 cas où les chancres avaient été excisés, ils comptaient 14 succès. De pareils résultats impressionnèrent vivement le monde médical, et, à partir de ce moment, l'excision du chancre fut largement pratiquée en Allemagne, un peu moins en France et en Italie. Les syphiliographes anglais et américains ne lui firent point un accueil enthousiaste. La plupart de leurs essais d'abortion échouèrent. En

1878, dans un second mémoire, fait sans la collaboration de M. Unna, M. Auspitz [Ueber die Excision der Hunter1 'schen Induration, Wiener med. Presse, nos 50 et 51) proclama catégoriquement que la sclérose initiale n'était qu'un symptôme local qui concentrait d'abord en luimême les effets du virus et devait arriver à un certain degré de maturité pour que les éléments infectants se répandissent à travers tout le système l.

1. Invasion centripète très rapide et trèsétendue des vaisseaux autour du chancre, dès ses premières heures. C'est elle probablement qui empêche l'abortion de la syphilis. — MM. Auspitz et Unna furent les premiers à mettre en évidence l'invasion des vaisseaux dans les premières étapes de l'infection syphilitique. Mais d'après eux, les lésions vasculaires étaient ,'d'abord limitées à l'aire du chancre; elles ne s'étendaient que lentement au delà de ce point circonscrit, vers la fin de la seconde incubation.

Malheureusement pour l'abortion, les choses ne se passent pas ainsi. M. R.-W. Taylor en a donné la raison dans un intéressant mémoire lu à l'Académie de médecine de New-York (YV% syphilis is not uborliv by the early Destruction or excision ofits initial lésion, 1891). La raison des insuccès, c'estque la propagation du processus infectieux sur les vaisseaux se fait très au loin et bien en dehors de fa sphère du chancre, dès les premières heures de son apparition. Le foyer, qu'on croyail l i és circonscrit et limité à la néoplasie, a diffusé depuis longtemps sans que l'œil nu s'en aperçoive. C'estce dontse convainquitM. Van Giesonen analysant au microscope un prépuce que M. Taylor avait coupé un pouce en arrière d'un petit chancre induré, situé sur son limbe, et survenu 18 jours auparavant. L'examen microscopique montra qu'il y avait au-dessous du chancre de petites veines entourées d'une infiltration néoplasique semblable à celle qui le constituait. Au delà des bords du chancre, dans la peau qui paraissait normale, la même infiltration se montrait avec évidence. Tout le prépuce était ainsi envahi et peut-être aussi tout le pénis, sans que rien le révélât à l'œil nu.

- Ces résultats prouvent, dit M. Ta\ Im-, que, dès les premiers jours de l'infection syphilitique, le poison est profondément enraciné au-dessous de la lésion initiale et qu'il s'élend beaucoup au delà do ses bords, qu'il est dans un étal, constant d'activité et que, courant le long des vaisseaux, il infecte rapidement et très loin les tissus voisins, même jusqu'à la racine du pénis... Mes observations démontrent que le poison syphilitique est copieusement diffusé au large, à

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