‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 339 sur 610 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Cas dans lesquels l'excision du chancre a échoué comme traitement abortif, bien qu'elle réunit la plupart des conditions les plus propres à en assurer le succès. Excisions faites quatre jours, cinquante' heures, quarante-huit heures, trois jours, après l'apparition du syphilome primitif. Insuccès complet dans les quatre cas.

J'ai souvent pratiqué l'excision du chancre syphilitique. Dans une première série, qui comprenait six cas, l'insuccès de la méthode ahortive fut aussi complet que possible. Il fallait s'y attendre. J'avais bien pris les cas qui se prêtaient le mieux à l'opération, mais elle avait été faite à une époque béaucoup trop avancée de la lésion primitive, c'est-à-dire aux 16e, 15e, 10e, 9e jours.

I. Dans un seul cas, j'avais pu la pratiquer à un moment assez rapproché dû début, au 4e jour, alors qu'il n'existait pas encore d'adéhopathie spécifique;- et néanmoins les accidents consécutifs étaient survenus à leur date habituelle. — Voici ce cas :

1er Cas. Excision d'un chancre syphilitique pratiquée quatre jours après son apparition. — Induration de La cicatrice. — Insuccès. — Accidents consécutifs. — Un jeune homme, âgé de vingt et un ans, élève à l'École d'Alforl, vint me consulter, le 27 février 1880, pour une petite érosion située sur la muqueuse préputiale, un peu à droite du filet et très près de lui. Quoiqu'elle ne datât que de 4 jours, sa base était légèrement indurée. Ses dimensions n'excédaient pas celle d'une lentille. Il n'existait point encore d'adénopaLbie inguinale. Dernier coït le 13 février; l' avant-dernier au milieu de janvier. La lésion était au 4e jour; c'était bien un chancre syphilitique.

Comme il était très petit et se prêtait on ne peut mieux à l'excision, je l'enlevai d'un coup de ciseau, séance tenante, et avec lui une partie de la muqueuse saine qui l'entourait. Les ganglions ne présentaient encore aucune trace d'hyperplasie.

Dans les premiers jours du mois de mars, la plaie, qui était à peu près cicatrisée, était sous-tendue par une plaque d'induration tout à fait semblable à celle d'un chancre infectant guéri. Indubitablement, l'infection était un fait accompli. Aussi, 40 jours environ après le début du chancre, les accidents de la syphilis généralisée firent leur apparition : roséole érythéinateuse avec plaques muqueuses de la gorge, du prépuce et du gland qui se reproduisirent en juillet.

Quoique j'eusse la certitude que le chancre, au moment de l'excision, était bien syphilitique, je priai mon collègue et savant ami, M. Cornil,

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