INSUCCÈS DE L'EXCISION
prononcer sur la nature de celle lésion insignifiante en apparence, si je n'avais constaté, le môme jour, sur la personne avec laquelle le malade avait eu des rapports, l'existence d'un chancre syphilitique et même les accidents consécutifs de la maladie constitutionnelle.
Je proposai au malade l'ablation de la petite néoplasie primitive pour en prévenir, si cela était possible, les conséquences ultérieures. L'offre l'ut acceptée, et d'un coup de ciseau j'excisai largement la papule, «le manière à enlever avec elle une zone étendue de muqueuse préputiale, bien au delà des limites de la sphère morbide. On ne pouvait guère compter plus de cinquante à cinquante-six heures, depuis son début jusqu'au moment de l'excision.
Toutes les conditions les plus favorables se trouvaient donc réunies pour empêcher, par l'ablation du petit foyer morbide, la maladie de suivre son cours et de se généraliser, si l'intoxication n'avait pas eu lieu avant l'apparition de l'accident primitif.
Je crus avoir réussi lorsque, 15 jours après l'ablation, je trouvai la plaie cicatrisée et souple. Il n'existait aucune trace d'induration audessous de la cicatrice ni à sa périphérie. Les ganglions inguinaux n'étaient point hyperplasiés.
Malheureusement, les choses ne restèrent pas longtemps dans cet étal satisfaisant, car le 20e jour après l'excision, je constatai qu'il s'était formé, clans l'épaisseur de la muqueuse, une plaque large à peu près comme une pièce de 20 centimes, parcheminée, chondroïde, élastique, à contours nettement tranchés, sèche, lisse à sa surface et sans trace d'érosion, qui ressemblait à celle d'un chancre syphilitique cicatrisé. Aucune manifestation sur la peau ni sur les muqueuses.
Au 45e jour de l'excision, apparurent sur la peau 4 ou 5 grosses papules plates très caractéristiques, dont une annulaire. L'existence de la syphilis était donc incontestable.
Au bout de quelques mois, les manifestations cutanées, d'abord superficielles, devinrent profondes, ecthymateuses et tuberculeuses.
Au 17° mois du chancre, douleurs névralgiques atroces dans la face du côté droit. Écoulement nasal qui ne tarda pas à devenir fétide ; enfin, abcès sur le plancher de la narine gauche qui s'ouvrit, laissant après lui une fistule faisant communiquer cette narine avec le sillon gingivo-labial. Nécrose d'une portion du maxillaire supérieur.
Cette syphilose naso-palatine survint moins de deux ans après l'excision du chancre.
Ainsi l'excision, faite 50 heures après le début du chancre, n'avait pas empêché la néoplasie locale et primitive de se produire. De plus, elle n'avait pas prévenu l'infection. Enfin, elle n'en avait point atténué les conséquences prochaines ou éloignées.
3° Cas. Excision d'un chancre iyphïlilique quarante-huit heures après son début. — Plaques muqueuses rjutturales. — M. X..., étudiant en médecine, âgé de vingt et un ans, vint me consulter, le 30 mars 1881, pour deux