INSUCCÈS DE L'EXCISION FAITE THOIS JOURS
accidenls consécutifs, elle paraît les avoir relardés. Leur incubation a été, en effet, de 63 jours, tandis que dans la généralité des cas elle n'est que de 45. Non seulement elle les a retardés, mais elle les a circonscrits; elle les a empêchés de se généraliser, d'envahir de larges surfaces. La phase des accidents consécutifs resta toujours aussi peu féconde en manifestations qu'on le pouvait souhaiter, car il n'y eut jamais que trois attaques très légères de pharyngopathie spécifique, à plaques muqueuses résolutives et éphémères. Cette particularité est certainement remarquable, d'autant plus que le malade s'étant traité très irrégulièrement, on peut regarder l'évolution de la syphilis comme spontanée.
Cinq ou six ans après, notre confrère, qui est fort instruit et très intelligent, m'écrivait : « J'attribue à l'excision du chancre la bénignité relative de ma syphilis. J'en suis pour ma part entièrement convaincu... Ce n'est pas, d'ailleurs, d'après ma seule observation que je me suis fait cette conviction ; c'est aussi d'après l'observation d'un jeune étudiant en droit, à qui je fis moi-même l'excision d'un chancre syphilitique il y a trois ans, dix heures après son apparition. Il n'eut, comme moi, aucun accident secondaire autre que les plaques muqueuses, deux poussées d'angine spécifique, à un mois d'intervalle, juste assez pour me permettre d'asseoir un diagnostic certain... Ce qui me pousse encore à rattacher la bénignité de ma syphilis à l'excision prématurée, c'est le résultat de l'enquête à laquelle je me suis livré pour apprendre la généalogie de mon virus. La femme qui m'a contaminé a eu une syphilis très sérieuse. »
Cet argument n'est pas d'une grande valeur, car c'est bien moins le virus que le terrain sur lequel il s'implante qui fait la gravité ou la bénignité delà syphilis. Mon malade termine par un autre argument plus plausible en faveur de l'atténuation des accidents consécutifs due à l'excision du chancre :
« Mon frère, dit-il, a contracté une syphilis tellement sérieuse, qu'il n'en est pas encore guéri, malgré le traitement le plus sévère. Or mon frère est d'une constitution semblable à la mienne, et il est difficile qu'une même graine syphilitique puisse trouver deux terrains plus semblables. Quelle différence cependant dans la germination ! »
Ne faut-il pas conclure des quelques cas où l'excision chanercuse semble avoir atténué les accidents consécutifs, qu'il est indiqué d'attaquer d'une façon ou d'une autre la syphilis primitive.
Tous les faits ne répondent pas de la même façon. On va en juger par le cas suivant :
4e Cas. — Un étranger, âgé de vingt-neuf ans, vint me montrer deux petites érosions juxtaposées et situées à 2 centimètres de la couronne, sur la muqueuse préputiale. 11 les croyait syphilitiques et je partageais un peu son avis, car elles étaient légèrement parcheminées, un peu ecchymo tiques au centre et irisées à leur circonférence. A peine larges comme