APRÈS LE DÉBUT DES CHANCRES INFECTANTS
une petite lentille, très superficielles, elles n'avaient que 3 ou 4 jours d'existence, et cependant il semblait y avoir un peu d'adénopathie inguinale. Le syndrome primitif était donc fort équivoque ou à peine ébauché.
Quoique aucun cas ne pût mieux se prêter à l'excision, je n'y songeais point.
Mais le malade, au contraire, y tenait essentiellement. Il venait moins pour avoir mon opinion sur son cas, que pour se faire enlever ces deux érosions.
Sur ses instances réitérées, je les lui excisai séance tenante, largement, très largement, ce qui fut chose facile, et je pris toutes les précautions opératoires les plus minutieuses pour mettre cette tentative d'abortion à l'abri de la critique la plus exigeante.
Le lendemain de l'opération, une troisième érosion se produisit, loin des deux premières, sur le côté opposé du prépuce. Elle était très rapprochée de la couronne. Quand le malade vint me la montrer, 24 heures après son apparition, elle avait déjà tous les caractères d'une néoplasie primitive et l'adénopathie s'était accentuée.
Le doute n'était plus permis. Les pressentiments du malade ne l'avaient point trompé, quoiqu'ils ne fussent fondés ni sur une incubation impossible à préciser, ni sur la santé des femmes avec lesquelles il avait eu des rapports.
Je n'hésitai pas à faire l'éradication de ce nouveau chancre syphilitique qui n'avait que "24 heures d'existence. Je l'enlevai très largement aussi, comme les deux premiers, mais avec un bistouri parce qu'il était voisin de la couronne et déjà profondément enchâssé clans les tissus.
Les ciseaux n'auraient pas pu atteindre sa base. Je fus obligé de le disséquer et de l'énucléer comme une petite tumeur.
La plaie de la première excision, faite 48 heures auparavant, était souple et en bon état.
J'avais fait cette première excision le 2 février et la seconde le 4. Je revis le malade le 6. Les deux plaies étaient dans un parfait état' et sans aucune réaction inflammatoire. Il me sembla que les ganglions inguinaux avaient un peu diminué de volume.
Le 1S (14e jour de la première excision et 12° de la seconde), il s'était produit une induration très marquée au-dessous des deux plaies qui néanmoins bourgeonnaient régulièrement. L'adénopathie spécifique des deux aines avait pris un développement considérable et elle était même devenue un peu douloureuse.
Le 23 février, lesplaies à peu près cicatrisées reposaient sur de larges disques d'induration spécifique. Le 29, tout le sillon balano-préputial était induré, et les plaies si bien cicatrisées, qu'on ne se serait pas douté que deux grandes excisions avaient été pratiquées 27 jours auparavant.
Le 23 mars (53e jour du chancre), je constatai sur divers points de La peau des papules plates très caractéristiques et des croûtes dans les cheveux. L'infection généralisée n'était pas douteuse. Elle s'était affir-