‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 347 sur 610 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Autres faits qui paraissent être des arguments décisifs contre le traitement abortif de la syphilis par destruction du chancre infectant. Insuccès d'une excision faite douze heures après l'apparition du syphilome primitif. — Excision d'un lambeau de la peau du prépuce treize jours après sa contamination; suppression complète de la syphilis primitive et néanmoins infection syphilitique généralisée. — Examen critique des statistiques. — Les succès qu'elles contiennent n'ont aucune valeur. — Traitement abortif par ablation non seulement du chancre mais des ganglions hyperplasiés. Ses échecs. — Succès illusoire de l'exérèse. — Conclusions sur la méthode du traitement abortif de la syphilis par destruction de la néoplasie primitive.

Il me reste mainlenant à parler des résultats qui ont été obtenus par d'autres observateurs.

I. L'un d'eux, enlevé trop tût à la science, le docteur Rasori, a publié un cas tout à fait hors de pair, qui l'emporte sur les miens, je n'hésite pas à le reconnaître, et qui est encore plus probant qu'eux clans le sens négatif. En voici le résumé :

Un jeune homme conduisit chez le docteur Rasori une jeune femme avec laquelle il avait eu rapport la veille. On lui avait dit, mais trop tard, qu'elle était syphilitique. Et c'était bien vrai, car Rasori constata sur elle la cicatrice d'un chancre récent aux parties génitales et des plaques muqueuses conQuentes qui couvraient la vulve. Très alarmé, le malade se surveilla et se fit surveiller par son médecin avec la plus scrupuleuse attention. Tous les deux étaient sur leurs gardes et guettaient avec anxiété l'apparition du syphilome primitif. Le jeune homme, très effrayé, se faisait à chaque instant des lotions antiseptiques pour neutraliser la contagion qui était presque probable. Précautions inutiles et insuffisantes, bien entendu. Et, en effet, 28 jours après la contamination, le malade découvrit, le matin, sur la muqueuse préputiale, une tache rouge, papuleuse, de la grosseur d'une lentille. Il accourut chez Rasori, qui, d'un coup de ciseau, excisa toute la partie suspecte de la muqueuse. Au moment de l'opération, ce chancre naissant ne pouvait pas- avoir plus de douze heures, puisque, la veille, rien de morbide, après l'examen le plus soigneux; n'avait été constaté là ni ailleurs, Qu'arriva -t-il ? C'est que l'infection n'en eut pas moins lieu et les premières manifestations de la syphilis généralisée, roséole et plaques muqueuses de la gorge, apparurent à leur échéance ordinaire, c'est-à-dire 48 jours après l'excision. Dans cette remarquable observation tout est en concordance parfaite; Mauriac. 29

Page 1