‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 348 sur 610 · INSUCCÈS DE L'EXCISION D'UN LAMBEAU DE PBJÉPDCE CONTAMINÉ · texte numérisé non relu

INSUCCÈS DE L'EXCISION D'UN LAMBEAU DE PBJÉPDCE CONTAMINÉ

le syndrome y est pour ainsi dire classi(jue, avec sa première incubation de 28 jours et la seconde de 48. Ce cas ne donne aucune prise à la critique. La lésion de continuité produite par l'excision suppura pendant plusieurs jours et prit un aspect lardacé avec des bords légèrement indurés, comme dans mes observations. La cicatrisation ne l'ut terminée qu'au bout de 25 jours. Les ganglions devinrent douloureux et s'hyperplasièrent. Ainsi les résultats locaux furent, comme presque toujours, la reviviscence de la néoplasie initiale sous la plaie et autour de la plaie ainsi que l'adénopathie spécifique.

II. Un autre fait qui ne cède en rien aux précédents et qui, par certains côtés, les surpasse et constitue un document de première valeur, c'est celui de M. Gerber, médecin à Kœnigsbcrg [Therapeulische Monalshefle, octobre 1892, p. 515),' et qui a été résumé par M. le docteur Ricklin.

Le sujet, étudiant en médecine, eut des rapports avec une fille publique le 4 décembre 1890. Le lendemain, il apprit que cette fille avait une syphilis en pleine activité. Il fut d'autant plus effrayé qu'il s'aperçut en même temps d'une écorchure qu'il s'était faite, pendant le coït, sur le feuillet interne du prépuce. Il s'empressa de cautériser cette petite plaie avec un crayon de nitrate d'argent, puis il la recouvrit d'une couche de collodion à l'iodo forme. Cinq jours après, il vint chez le docteur Gerber demander l'excision du fragment de prépuce sur lequel siégeait l'écorchure. M. Gerber se décida à exciser le 17 décembre, treizième jour tiu coït, la portion du prépuce qui lui était indiquée, bien que l'examen le plus minutieux à la loupe ne lui fît découvrir en ce point rien d'anormal. L'écorchure était déjà complètement guérie et n'avait laissé aucune trace. Le docteur enleva un grand lambeau et réunit les bords de la plaie avec des points de suture. Celle-ci se cicatrisa par première intention et elle resta molle. M. Gerber revit son client à plusieurs reprises dans le courant des semaines suivantes; à aucun moment il ne pul découvrir la moindre induration sur le gland et sur le prépuce. L'étudiant se croyait donc hors de danger, lorsque, vers la fin du mois de mars, trois mois et demi environ après la contamination, il fut pris d'un léger mouvement de fièvre dans la soirée. Le lendemain, il présentait sur la poitrine une éruption de roséole qui réunissait tous les caractères de la roséole syphilitique.

N'avais-je pas raison de dire que ce fait est d'une importance capitale? Ne prouvc-t-il pas, en cfJfet, de la manière la plus évidente :

1" Que l'infection de l'organisme suit de très près la contamination et que, par conséquent, elle est très antérieure au chancre;

2" Que la syphilis acquise peut à la rigueur se passer de chancre, puisqu'il ne survint pas trace de néoplasie primitive sur le point

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