FAITE AVANT L'APPARITION DU CHANCRE
qui avait été par son écorchure la porte d'entrée du virus clans L'organisme ;
3° Que la syphilis généralisée s'effectue en l'absence de toute trace de syphilis primitive ;
4° Que la cautérisation, puis l'ablation du point contaminé sont insuffisantes pour prévenir cette généralisation, alors même qu'il peut n'y avoir aucune trace de néoplasie primitive;
5° Que l'intervalle entre la contamination et l'apparition de la syphilis généralisée est à peu près le même qu'il y ait eu ou qu'il n'y ait pas eu de syphilis primitive. Si l'excision du point contaminé n'avait pas été faite, que serait-il arrivé ? Le coït ayant eu lieu le 5 décembre, il est probable que le chancre aurait fait son apparition dans les dix premiers jours de janvier. La seconde incubation aurait eu une durée moyenne de 50 à 60 jours. Donc la roséole serait survenue vers les premiers jours ou le milieu de mars. Dans le cas de M. Gerber, elle n'est apparue que vers la fin de mai; mais quelques jours de plus ou de moins sont bien insignifiants, et ce sont des écarts qu'on observe très fréquemment clans les cas les plus ordinaires.
Cette observation m'avait intéressé au plus haut degré, quoique je n'en eusse eu qu'un résumé. M. Gerber, avec une extrême obligeance, a bien voulu m'écrire pour la compléter. Je désirais savoir quel avait été l'état des ganglions inguinaux après l'opération. Eh bien, ils sontrestés à peu près indemnes; un seul a peut-être présenté une très légère augmentation de volume. Quant à la néoplasie primiLive dont on avait enlevé le siège probable avant qu'elle eût paru, elle a été complètement supprimée par l'excision. M. Gerber n'en a jamais découvert la plus petite trace... Ainsi la généralisation de la syphilis s'est effectuée directement, sans foyer initial apparent, comme elle le fait dans la syphilis héréditaire et la syphilis conceptionnelle. C'est là un l'ait expérimental d'une grande importance.
Je désirais savoir également si le malade avait été observé pendanl longtemps, et s'il avait eu d'autres manifestations que la roséole, car, malgré sa spécificité, la roséole n'est pas une preuve absolue d'infection généralisée. « Le malade, m'a écrit M. Gerber, a eu aussi des plaques muqueuses, principalement aux amygdales. Le développement de cette syphilis ne s'est distingué en rien de la maladie ordinaire. Il y a même eu des récidives assez fréquentes vers la peau et les muqueuses; mais elles ont été peu graves, parce qu'un traitement énergique a été institué • les le début de la roséole. Je viens de revoir mon malade, il a eu de nouveau une légère poussée d'accidents superficiels. La syphilis est incontestable. « \ Kœnigsberg, 18 janvier 1893.)
Dans son mémoire, M. Gerber formule d'une façon aussi spirituelle