‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 350 sur 610 · INFECTION GÉNÉRALISÉE SANS SYPHILIS PRIMITIVE · texte numérisé non relu

INFECTION GÉNÉRALISÉE SANS SYPHILIS PRIMITIVE

que pittoresque sa manière de voir sur le processus de l'invasion syphilitique. Je cite l'opinion de ce savant médecin avec d'autant plus de plaisir qu'elle exprime aussi ma manière de voir : La sclérose initiale est la carie de visite donnée à Ventrée par un hôte ; quand nous la trouvons, il a déjàpénétrê dans l'intérieur de V appartement. »

Chez une jeune Mlle de dix-huit ans qui avait depuis 12 jours un bouton à la lèvre supérieure, M. Gerber pratiqua l'excision qui lui était spontanément réclamée. Cette jeune fille avouait, en effet, qu'elle avait contracté son bobo en jouant aux jeux innocents, ce qu'il l'avait obligée à embrasser un jeune homme qui avait une lèvre malade. La lésion n'était qu'une rhagade couverte d'une croûte sans base indurée. La partie correspondante de la lèvre ayant été excisée, la plaie se cicatrisa de la façon la plus naturelle. Mais sous la cicatrice un foyer d'induration chancreuse se développa et en même temps les ganglions du cûu s'engorgèrent. Trois semaines après, roséole.

Les observations qui précèdent ne sont-elles pas de nature à ébranler les convictions de ceux qui croient encore au trailement abortif de la syphilis ? Mais sur quoi reposent ces convictions ? En vérité, elles se contentent de peu, comme on va le voir.

III. Sans nous attacher, pour le moment, à la valeur respective de chaque fait, il y a un grand résultat qui saute aux yeux, quand on étudie la statistique reposant sur un grand nombre de cas d'éradication. Ce résultat, c'est que le nombre des échecs surpasse de beaucoup celui des succès.

M. le docteur Crivelli publia, en 1887 (Archives générales de médecine, t. I et II), un très intéressant mémoire intitulé : Des signes précoces de l'infection syphilitique comme contre-indication du traitement abortif de. la syphilis, dans lequel il put réunir 454 cas d'excision de chancres, publiés jusqu'à 1886. Sur ces 454 cas, on comptait 102 succès et 339 insuccès, c'est-à-dire qu'on avait réussi à prévenir la syphilis dans un peu plus du quart des cas.

Un ouvrage considérable de M. Edvard Ehlcrs, publié à Copenhague, en 1891, et intitulé : Extirpation de la lésion initiale de la syphilis, contient une statistique encore plus nombreuse que la précédente. Elle est de 584 cas, sur lesquels il y a eu 137 succès et 447 insuccès. La proportion des succès est à peu près la même que dans la statistique de M. Crivelli, ce qui donne, pour les deux. 22 ou 23 p. 100 de succès, c'est-à-dire un cinquième environ.

Los statisticiens qui ne voient que les chiffres, trouveront sans doute ce résultat peu brillant. Mais nous, palhologisles, qui constatons chaque jour l'inéluctabilité dans l'enchaînement du processus

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