‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 35 sur 610 · JUGEMENT SUR LÀ MÉTHODE HYPODERMIQUE · texte numérisé non relu

JUGEMENT SUR LÀ MÉTHODE HYPODERMIQUE

de ses intérêts sanitaires. Vingt-quatre heures ne suffiraient pas. Un délai beaucoup plus long- est indispensable. Il n'a, du reste, rien de fixe et doit varier suivant des circonstances multiples, difficiles à calculer d'avance avec précision. Mais on peut établir que l'intervalle entre deux injections successives doit être de 10, 15, 20 jours et même plus.

VIII. Voici quelques extraits de ce que j'ai dit, en 1883, et plus tard, en 1887 \ de la méthode hypodermique :

« Cette méthode augmente et varie notre action thérapeutique et nous fournit, dans quelques cas, des ressources qu'on ne doit pas dédaigner

Une question bien naïve que se sont posée, non pas dans notre pays heureusement, mais ailleurs, plusieurs partisans des injections hypodermiques, est la suivante : Quelle est la quantité totale de mercure qu'il faut injecter dans le tissu cellulaire pour obtenir la guérison de la syphilis?

Les uns ont répondu 15 centigrammes, les autres 60 centigrammes, en moyenne. Comme s'il était possible d'être pris au sérieux dans une pareille évaluation! Est-ce que le traitement d'une maladie aîissi longue, aussi complexe et d'une portée aussi lointaine que la syphilis peut se peser à la balance et se mesurer au compas? Y a-t-il rien de plus antipathologique qu'une pareille prétention?...

La méthode hypodermique a fait tant de bruit depuis quelques années, elle a suscité autour d'elle une si grande agitation, qu'on croirait, à l'entendre, quelle a enrichi le mercure de nouvelles propriétés spécifiques que nous ne lui connaissions pas encore. Eh bien, jamais pareille prétention ne fut moins justifiée.

Aussi, malgré tous les éloges que cette méthode s'est décernés à ellemême, je crois qu'elle n'occupera pas le premier rang auquel elle aspire. Elle est, et il est probable qu'elle restera toujours, une méthode exceptionnelle. Sans doute, il serait téméraire de prédire ce que lui réserve l'avenir, mais il y a fort'à parier qu'elle ne deviendra jamais universelle. »

On verra, plus tard, quand les avantages et les inconvénients ou dangers de cette méthode seront minutieusement examinés et discutés, si le jugement que je portais sur elle, il y a dix ans, doit être modifie.

i. Syphilis primitive et syphilis secondaire, 1883, pages 991, 996. — Thérapeutique générale de la syphilis (Discours prononcé, le 27 mai 1887, à la Société médicale des hôpitaux de Paris).

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