EXAMEN DES TRAVAUX FAVORABLES A L'EXCISION
où sont-elles? Quelle est leur ligne de démarcation même approximative? 11 n'en existe pas. La diffusion insaisissable du processus primordial crée autour de la néoplasie, qui, d'ordinaire, semble remarquablement circonscrite, une sorte d'atmosphère infectieuse, vague, insensible, qui échappe toujours à nos moyens de destruction. Aussi, quand Diday me demandait au sujet de mes excisions : « Êtes-vous bien sûr d'avoir tout enlevé ?» — Que lui répondre si ce n'est : « J'ai fait de mon mieux pour qu'il en fût ainsi ? »
Parmi les travaux favorables à l'excision du chancre, ceux de M. le docteur Jullien occupent une place très importante et méritent par conséquent une attention toute particulière. Comme son maître Diday, M. Jullien croit à l'efficacité de l'excision pour faire avorter la syphilis. Il en a toujours été partisan très déclaré. .Mais le succès est subordonné au moment où on pratique l'opération. D'après lui, elle est toujours contre-indiquée lorsque le système lymphatique de la région a déjà subi l'infection virulente et que l'adénopathie spécifique est en train de se faire, et à plus forte raison, lorsqu'elle est accomplie. M. Jullien a tenté l'excision dans 15 cas. Douze fois il a échoué. Trois fois il parait avoir réussi à préserver ses malades de la syphilis. Malgré tout mon désir de lui donner raison et d'applaudir à ces 3 succès, je suis obligé d'avouer que je ne les trouve pas aussi concluants que je l'aurais voulu. Dans un de ces cas, l'excision ne fut faite qu'au 19e jour d'un chancre qui n'avait pas encore produit l'adénopathie, circonstance tout à fait exceptionnelle et qui peut permettre d'élever quelque doute sur sa nature. De plus, non content d'avoir excisé, M. Jullien prescrivit un traitement mercuriel. Cette observation n'est donc pas péremptoire. Dans le second cas, il survint au 103" jour une amygdalopalhie suspecte. Dans le troisième, une induration se développa au-dessous et autour de l'excision, et, trois mois après, une ulcération chancroïde se produisit près du frein. Tout cela n'est-il pas un peu équivoque ? Assurément on ne peut pas se défendre d'un certain doute au sujet de ces trois succès, et ce doute est malheureusement beaucoup plus grand que dans les cas d'insuccès. La seule conclusion qu'on puisse tirer des trois cas de M. Jullien, c'est que l'excision a peutêtre diminué ou enrayé l'infection générale.
VI. Arrivé au terme de celle élude sur l'abortion de la syphilis par l'exérèse du chancre, je vais résumer les principaux enseigne-