‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 357 sur 610 · PRÉCEPTES RELATIFS A L'EXCISION DU CHANCRE INFECTANT · texte numérisé non relu

PRÉCEPTES RELATIFS A L'EXCISION DU CHANCRE INFECTANT

ments qui s'en dégagent au double point de vue théorique et pratique, surtout au dernier. Je le fais avec la conviction que me donnent mon expérience personnelle et un examen consciencieux des résultats obtenus par d'autres observations :

A. — Des idées préconçues sur le processus de l'infection syphilitique, depuis le moment précis de la contamination jusqu'à l'apparition du chancre, ne doivent être d'aucun poids lorsqu'il s'agit de décider si on doit ou si on ne doit pas pratiquer l'excision du chancre. Nous ne savons pas et nous ne saurons peut-être jamais si la syphilis commence aussitôt après la contamination, ou seulement à l'époque où apparaît le chancre. Chacun a ses idées, ses préférences sur ces deux concepts; mais, jusqu'à présent, elles sont purement spéculatives. Toutefois, les éclatants et nombreux insuccès de l'excision sont plus favorables à l'hypothèse de l'infection immédiate et générale de l'organisme après la contagion, qu'à celle de son infection primitivement locale par le chancre, puis peu à peu progressive par les ganglions, la lymphe, le sang, etc., etc. En un mot, ces insuccès persistants, sous tous les modes et dans toutes les circonstances, sembleraient prouver que le chancre est plutôt le résultat que la cause de l'infection. Mais peu importe. Nous ne devons pas prendre pour base de notre pratique ces considérations pathogéniques. Il faut regarder le chancre comme le foyer primitif de Finfection. Il est sous nos yeux, à la portée de notre main. Eh bien, n'hésitons pas à le détruire.

B. — Nous devons d'autant moins hésiter que son exérèse complète, abstraction faite des conditions topographiques qui la contre-indiquenL, est inoffensive pour le patient, et n'a jamais été pour lui, jusqu'à présent du moins, la source de dangers et même d'inconvénients sérieux. Mais ce principe absolu d'éteindre par un moyen quelconque le foyer primitif de la syphilis comporte un très grand nombre de restrictions quand il faut l'appliquer. Il y a d'abord celles qui proviennent du siège qu'occupe le chancre : on n'en rencontre qu'un nombre fort limité qui se prêtent à l'ablation complète, sans qu'il en résulte aucun dommage pour des organes qu'il est essentiel de respecter. Inutile d'insister sur ce point. Et puis il y a celles qui proviennent de l'âge du chancre. L'expérimentation, d'accord avec la théorie, prouve qu'il est parfaitement inutile d'enlever le syphilome primitif, du moment que les lymphatiques et les ganglions régionaux ont été infectés. Or, comme

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