‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 362 sur 610 · LE MERCURE EMPÊCHE":!^ L'INFECTION DE SE GÉNÉRALISER · texte numérisé non relu

LE MERCURE EMPÊCHE":!^ L'INFECTION DE SE GÉNÉRALISER

Je donne donc formellement, de par mon expérience, le conseil suivant :

Commencez la médication spécifique aussitôt qu'il ne vous

inusitée et légère entre toutes, car les sujets devaient rester ultérieurement préservés, ainsi que j'ai pu m'en assurer en Jes observant attentivement depuis plusieurs années.

« Une question seprésente maintenant à l'esprit. Ces malades sont-ils guéris ? N'auront-ils plus à compter avec les accidents du décours de la syphilis? On comprend que, sur ce point, je ne puisse répondre que par induction. Estil logique de considérer trois ans et demi de presque immunité comme un gage de sécurité pour l'avenir? Je ne le pense pas. Le raisonnement me dit qu'ayant mis en jeu, dès la première heure, l'action d'un antisyphilitique éprouvé, soit qu'il Trappe les organismes morbides eux-mêmes, soit qu'il modifie dans un sens contraire à leur développement les conditions du milieu humain, j'ai atteint le virus à l'heure des proliférations décisives, et que, plus lard, mes injections réitérées de la même substance ont sans cesse agi sur un produit chaque fois plus affaibli et d'une vitalité graduellement atténuée, probablement atténuée jusqu'à l'extinction. -Il se passerait ainsi quelquechose de comparable à ce que les bactériologistes obtiennent m vilro quand, dans un but d'inoculation préventive et même curative, ils préparent avec Jes microbes les plus dangereux des cultures que, d'atténuation en atténuation, ils savent rendre inoiï'ensives.

« Jusqu'à quel moment faut-il continuer le traitement intensif, à quelles doses, à quels intervalles doit-il être administré ? Problème difficile, car, dans l'hypothèse la plus heureuse, nous manquons de jalons pour guider notre pratique. Pendant les deux premiers mois, je l'ai dit déjà, je donne l'injection du calomel tous les quinze jours ; encore cette prescription ne comporle-t-elle rien d'absolument mathématique. Si, chez les sujets de résistance et d'embonpoint ordinaires, 10 centigrammes de calomel sont bien supportés, il paraîtra sage d'abaisser cette dose chez les chétifs ou les individus de petite taille, et de s'en tenir, pour l'incubation de quinzaine, à 8, 6 ou o centigrammes. 11 y aurait lieu de mesurer la quantité du remède d'après le poids du corps, et je ne pense pas qu'il soit bien difficile d'établir une échelle raisonnée de coefficients à cet égard. De même, pour la question du laps qui doit séparer les injections, les deux premiers mois passés, l'heure est venue de diminuer la rigueur du traitement et de laisser un croissant intervalle, vingt jours, puis vingt-cinq, puis trente, au fur et à mesure que l'immunité s'affirme. Après le sixième mois, je surveille encore mes malades pour guetter une éventualité éruptive et y parer, s'il y a lieu. Mais alors le calomel ne rencontre plus les mêmespressantes indications, et il est sans inconvénients de lui substituer l'huile grise, le thymoloacétate, ou telle autre injection soluble, voire même, au gré de l'intéressé, les préparations qui s'administrent par la voie buccale. »

Il m'est arrivé d'obtenir parfois, avec la mercurialisation intensive par la méthode stomacale, des résultats préventifs aussi favorables que ceux dont parle M, Jullien. J'ai vu certains malades chez qui les phénomènes d'infection généralisée se bornaient à quelques lésions insignifiantes par elles-mêmes, mais qui avaient à mes yeux une grande valeur, car elles montraient que je ne m'étais pas trompé dans mon diagnostic de la lésion initiale et qu'il ne s'agissait point de ces chancres bien et dûment spécifiques et complets comme morphologie, mais qui ne sont jamais suivis d'accidents constitutionnels, etc. Mais j'ai échoué si souvent comme aborlion absolue que, quand elle a lieu, je reste dans un état de doute méthodique sur la réalité infectieuse de l'accident primitif.

Quant au mode de la mercurialisation, je ne lui attribue pas la même importance que M. Jullien. Qu'on mercurialise parles voies digeslives, parla peau ou par l'hypoderme, le mercure agit toujours de la même manière. Ce n'est qu'une question de degré et de temps pour la médication.

Page 1