NÉCESSITÉ DU TRAITEMENT INTERNE DANS LA SYPHILIS PRIMITIVE
restera plus aucun doute sur la nature de l'accident primitif.
J'insiste sur ce point, comme je l'ai déjà fait, parce qu'il y a beaucoup de médecins qui ne veulent agir contre la syphilis qu'à partir du moment où apparaissent les accidents consécutifs.
II. Quelles sont les objections de ces abstentionnistes contre le traitement général dans la syphilis primitive? Elles ne reposent que sur des vues théoriques plus ou moins spécieuses. Aucune ne peut invoquer en sa faveur un ensemble de preuves cliniques solidement établies.
A quoi bon, disent les uns, cette thérapeutique précoce, puisqu'elle n'empêche pas l'apparition des phénomènes généraux et qu'elle ne fait que les ajourner? — D'abord, répondrai-je, c'est déjà quelque chose de les ajourner; n'est-ce pas autant de gagné? Et si ce délai durait des mois et des années, croyez-vous qu'il fût à dédaigner? Malheureusement, il est très bref et on ne l'obtient pas toujours. Et puis si on ne devait traiter une manifestation syphilitique qu'à la condition de prévenir celles qui doivent lui succéder, il vaudrait autant se croiser les bras et ne rien faire. Ce qu'il y a de plus étonnant, c'est que ces abstentionnistes de la première heure croient la plupart que l'hydrargyre fait mieux que guérir, qu'il prévient les manifestations et que, de plus, il attaque directement la diathèse. Or, s'il en est ainsi, n'y a-t-il pas toutes sortes de motifs pour agir par les spécifiques sur l'économie dès qu'apparaît le premier signe de son infection, c'est-à-dire le chancre ?
N'est-ce pas le moment le plus propice pour combattre un empoisonnement qui ne fait que commencer, que le chancre parachève et amène, par lui-même et par les adénopathies qu'il suscite, à un état d'infection généralisée, qui va sortir de la virtualité pour entrer dans l'action? Agir autrement, n'est-ce pas manquer de logique? Pour ma part, je n'ai jamais compris que, systématiquement, on s'abstint de toute médication interne dans le traitement de la syphilis primitive, et qu'on se bornât à appliquer des topiques sur le chancre. Ce chancre syphilitique, quel qu'il soit, vous le guérirez plus vite si vous administrez du mercure que si vous vous en abstenez. Dès lors, pourquoi rester inaclif? Certes, je suis pas un fanatique en fait de traitement hydrargyrique ; mais, ayant la certitude qu'il exerce une action curative incontestable sur toutes les manifestations syphilitiques, principalement pendant les trois ou quatre premières années de la diathèse, je ne vois pas Mauriac. 30