G8 CATÉGORIES, ARTIFICIELLES DE CHANCRES QU'ON DOIT
métamorphose granulo-graisseuse qu'aiderait puissamment Le mercure. Mais où en est la preuve? Au surplus, le syndrome primitif n'est-il pas constitué par un tissu granuleux dans le chancre et Les ganglions? Ne sont-ce pas là des lésions syphilitiques au plus haut degré et à tous les points de vue, anatomique, clinique, évolutif, infectieux, tout ce qu'il y a de plus accompli et de plus exquis en fait de spécificité?
Je L'ai souvent dit et je le répète ici : le chancre, dans son étonnant polymorphisme qui multiplie et diversifie ses formes à l'infini, reproduit et résume en quelques semaines et sur un espace très restreint toutes les lésions ultérieures de la maladie. C'est un microcosme syphilitique. Pourquoi l'abandonnerions-nous à luimême, de parti pris, quand nous sommes très décidés à combattre plus tard tous les désordres dont il est le germe et l'image réduite ? Serait-ce que nous aurions moins de prise sur lui? On l'a dit, mais est-ce vrai ? Quant à moi, je soutiens le contraire.
Certains abstentionnistes, et M. ïaylor est du nombre, font cette concession que le traitement interne mercuriel etioduré, mercuriel surtout, est doué d'une grande efficacité curalive conlre la syphilis primitive, et qu'il y a une catégorie de chancres qu'on ne doit pas abandonner à leur marche naturelle. Mais ils gémissent de celte dure nécessité, car ils sont persuadés que la guérison des syphilis primitives graves par les spécifiques ne s'obtient qu'au prix d'une aggravation dans les accidents ultérieurs. Leur embarras est grand et leur perplexité navrante
1. M. R.-W. Taylor est un des adversaires les plus irréconciliables, en apparence, du traitement général de la syphilis primitive. 11 a des arguments personnels qu'il ajoute à ceux que lui fournissent les médecins qui pensent comme lui sur ce sujet : MJB. Kaposi, Doulrelepont, Neumann, Kobner, Barensprung, Dûring,Zeissl père et fils, etc. Ces arguments n'ébranlent en rien maconviction.
Mais ce qu'il y a de plus singulier, c'est qu'ils influencent très peu dans sa pratique M. Taylor lui-même, si intransigeant en théorie. On en pourra juger par la citation suivante :
« Bien qu'il soit mieux, dit-il, de commencer le traitement de la syphilis aux premiers moments de la période secondaire, il arrive cependant que la première période présente quelquefois des conditions ou des exigences qui nous imposent l'administration prématurée du mercure. On peut les résumer ainsi qu'il suit :
1° Lorsque, par son siège, ses dimensions, sa profondeur, son extension, la lésion initiale cause de la douleur, du malaise, met obstacle aux fonctions des parties (prépuce, pénis, urèlhre, principalement dans les cas de phimosis et de paiaphimosis, clitoris, doigls, yeux, nez, lèvres, langue, amygdales, mamelles et anus) et menace de les détruire par l'activité de son processus ulcéreux. De môtoe, dans les cas où une induration très dense entoure le méat et produit une lésion de l'urèthre; ou bien encore dans les cas où un grand chancre {clephnnliuc) exlra-génitâl siège sur les cuisses, les bras, les fesses, les joues ou la face.
2" Dans quelques cas où il y a tendance au développement d'un œdème dur,