OU QU'ON NE DOIT PAS TRAITER PAR LA MÉDICATION SPÉCIFIQUE INTERNE
Mais savcz-vous, leur répondrai-je, pourquoi vous voyez quelquefois des manifestations sévères à la suite des syphilis primitives
exubérant autour du chancre, susceptible d'importuner, d'endommager le patient, de paralyser les fonctions de l'organe atteint, comme on le voit quelquefois dans les chancres des lèvres, sur ceux du frein, sur ceux des parties génitales externes de la femme, dans les chancres compliqués de l'anus et aussi dans ceux qui occupent directement l'orifice du vagin.
3° Dans certains cas où, par sa situation, le chancre peut devenir une source d'infection pour autrui. Tels sont les chancres situés sur les doigts des chirurgiens, des accoucheurs, des sages-femmes, des infirmiers, sur le mamelon des nourrices qui allaitent des enfants autres que les leurs; tels sont les chancres des lèvres et de la langue chez les enfants, chez les jeunes gens et toutes les personnes négligentes et sans aucun souci d'infecter ceux qui les entourent.
4° Lorsque l'hyperplasie des ganglions et des vaisseaux lymphatiques, en particulier des lymphatiques du pénis, est excessive, cause des désagréments, entrave les fonctions, gêne le mouvement des membres, défigure la nuque, la région sous-maxillaire, le coude, les aisselles, les aines.
5° Dans quelques cas où les chancres se compliquent d'une infection pyogénique avec douleur, fièvre etpeut-èlre symptômes typhoïdes, comme il arrive principalement sur les doigts, et aussi, quoique rarement, sur le mamelon et les seins, parfois aussi sur le pénis et la vulve chez les sujets malpropres et insouciants; dans les cas compliqués de gangrène et de phagédénisme.
6° Dans ceux où les relations sexuelles, conjugales ou autres, exigent impérieusement une guérison certaine.
7° Dans les cas où une extrême anxiété, la crainte, une impatience déraisonnable du malade, l'exigent impérieusement.
8° Dans les cas exceptionnels où une céphalalgie sévère, des névralgies, des pleurodynies, des douleurs dans les os, les jointures, les aponévroses, surviennent de bonne heure.
9° Dans les cas où les femmes sont infectées dès les premiers moments de la grossesse, afin, s'il est possible, de prévenir l'avortement qui les menace ; dans les cas de chancres de la vulve, de l'orifice du vagin, afin d'éloigner tout obstacle à l'accouchement, et, s'il s'agit d'une grossesse avancée, de prévenir l'infection de l'enfant, au passage, pendant la parlurition. »
C'est avec une grande satisfaction que je reproduis ici cette longue nomenclature. Elle vient à l'appui de mes idées, car elle embrasse à peu près Ions les cas que peut présenter la syphilis primitive. Je n'en vois guère qui n'y rentrent pas. Les plus légers s'y trouvent eux-mêmes englobés, grâce au n" G. Je voudrais bien savoir, en effet, quels sont ceux qui, ayant un chancre génital, si insignifiant comme lésion locale que vous le supposiez, ne voudraient pas en être débarrassés le plus tôt possible, pour reprendre ou être en état de reprendre leurs relations sexuelles. Iïst-ce que les malades ne nous tourmentent pas, pour beaucoup moins, pour que nous les débarrassions, par exemple, d'un simple petit herpès génital ? Vous subordonnez les indications du traitement interne dans la syphilis primitive au degré d'ardeur amoureuse que vous supposez chez votre patient. Si le mari est jeune, vous lui faites prendre du mercure ; s'il est vieux, vous lui dites qu'il fera mieux d'attendre les accidents secondaires, etc. 11 y aurait bien des déductions amusantes à tirer de cette proposition.
Je me bornerai à dire que s'il y a tant de cas, si variés comme formes, topographie, tendances, complications, exigences hygiéniques sociales, sexuelles, psychiques, fonctionnelles, elc, où le traitement interne doit être employé dans la syphilis primitive, c'est que, sans aucun doute, il est bon, ou que du moins la somme de ses avantages l'emporte sur celle de ses inconvénients. Je n'en demande pas davantage.
Aussi je m'étonne qu'après cette interminable nomenclature M. R.-W. Tavlor ajoute comme conclusion : « En somme, on peut établir que, dans beaucoup de