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LE TRAITEMENT INTERNE DE LA SYPHILIS PRIMITIVE

que vous avez traitées comme nous qui ne sommes pas abstentionnistes? C'est qu'en général il y aune solidarité inéluctable entre certaines formes ulcéro-gommeuses des chancres et la première détermination sur la peau, les muqueuses ou ailleurs. Vous n'auriez pas donné le mercure et l'iodure que ces déterminations n'auraient certainement pas manqué de se produire. Peut-être auraient-elles été plus funestes. Et puis, voyons, de bonne foi, qui vous autorise à rendre le traitement plutôt que la maladie responsable de ces méfaits ? Est-ce que vous trouvez dans les caractères intrinsèques de ces prétendus méfaits quelques éléments morphologique- ei évolutifs qui vous permettent de dire que c'est le mercure, que c'est l'iodure qui ont fait cela ?Non, ils ne l'ont pas fait. Leur seul loi I a été de ne pas l'empêcher.

V. Quant aux irrégularités dans le processus, on les observe quelquefois dans des cas où l'on n'a fait subir au chancre aucun traitement interne. La longue durée de la deuxième incubation se rencontre assez souvent, d'une façon très inattendue, après les chancres infectants phagédéniques qu'on avait pris pour des chancres simples. Peut-être l'étaient-ils au début. Mais même en ajoutant la première incubation à la seconde, dans ces chancres mixtes, on trouve que la durée de cette dernière surpasse de beaucoup la moyenne ordinaire.

Une autre objection contre le traitement interne dans la syphilis primitive, c'est que, même quand elle présente son syndrome complet, il arrive parfois qu'elle n'infecte pas l'organisme. Ce fait est extrêmement rare. J'en ai relaté quelques exemples ; mais je n'ai pas remarqué que la santé de ces malades eût été très endommagée par quelques pilules de protoiodurc que je leur ai fait prendre inutilement. La proportion de ces cas exceptionnels esl tout à fait infime et il n'y a pas lieu d'en tenir compte dans la pratique. Il est malheureusement de règle qu'une syphilis primitive, dont le diagnostic ne laisse aucun doute dans l'esprit, esl toujours suivie

cas, l'ajournement de la médication mercurïelle jusqu'à l'invasion des accidents secondaires ne fait perdre aucun avantage, aucun bénéfice possible an malade el n'est pour lui la cause d'aucun danger pour le présent, et pour l'avenir... D'un autre côté, sa syphilis sera plus régulière, plus maniable. Son médecin ne tàMonncra'pas dans l'obscurité; il n'aura pas l'hésitation, le doute, l'incertitude d'esprit qui sont le lot de ceux qui attaquent la maladie prématurément,. »

Eh bien, je suis de ceux-là, et je puis certifier que je n'éprouve absolument rien de ce que M. Taylor suppose devoir être notre loi inévitable.

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