N'AGGRAVE NI NE PERTURBE LA SYPHILIS GÉNÉRALISÉE
d'une infection généralisée. Il n'y a que pour le pseudo-chancre syphilitique qu'il n'en est pas ainsi. Mais, pour ce tertiarisme génital localisé, le traitement mercuiïel et ioduré n'est-il pas de rigueur?
De ce qui précède, je conclus qu'il faut instituer le traitement interne dès qu'on a la certitude absolue que le patient est atteint d'un chancre, infectant; qu'il y a tout bénéfice à le faire, parce que ce traitement exerce une action curative indéniable sur le syndrome, parce qu'il neutralise peut-èlre en partie le processus infectieux, parce qu'à ce moment-là il est aussi apte qu'à n'importe lequel d'atténuer ou de prévenir les conséquences de ce processus, et enfin parce tout ce qu'on a dit de son action nuisible sur les résultats ultérieurs ne repose que sur des hypothèses et n'est en rien justifié par l'observation clinique.
VI. S'il est indiqué d'instituer le traitement interne dans tous les cas de syphilis primitive, il est indiqué aussi de ne pas agir uniformément, d'y apporter beaucoup de souplesse, de se plier, comme degré, comme durée, comme agents, aux nuances très grandes qui existent entre les diverses formes du syndrome.
Quelques mots sur ces formes ne sont pas inutiles avant d'entrer dans les détails du traitement général et de la médication topique.
Le prodigieux polymorphisme de l'accident primitif en rend difficile toute classification rigoureuse. La suivante, que j'ai établie depuis longtemps, d'après un nombre très considérable de cas, me paraît fort suffisante pour la clinique et pour la thérapeutique. La voici sans les sous-variétés qu'il serait facile d'y ajouter :
Chancres érythémateux, superficiels, papyracés, foliacés, légèrement érosifs, souvent très petits, éphémères, à sécrétion peu abondante, presque secs.
Chancres papulo-tuberciileux pisiformes, lenticulaires, discoïdes, à sclérose plus épaisse, à érosion plus évidée, à sécrétion plus abondante, etc. Ils présentent de nombreuses sous-variétés. Quand ils s'étalent et se réunissent, ils donnent lieu à dos érosions diffuses, avec un ou plusieurs foyers d'induration et une large zone de suffusion néoplasique, irrégulière à la périphérie. Ils ressemblent à l'érosion produite par un vésicatoirc.
Chancres tiiberculo-ffommeux-, remarquables par le volume et la dureté ehondroïde, ligneuse, de la sclérose sous-cutanée et sousmuqueuse. L'ulcération y reste parfois liés superficielle; mais