NOUS NE POSSÉDONS PAS ENCORE DE SPÉCIFIQUE PARFAIT
ment digne de ce nom. Il serait à la hauteur de sa tâche. Nous pourrions l'admirer sans réserve, nous confier entièrement à lui.
Et comment l'unanimité des suffrages ne lui serait-elle pas acquiso d'emblée, sans discussion, surtout s'il pouvait développer au sein de l'économie ses facultés neutralisantes et destructives dans toute leur plénitude, sans porter à la santé aucun préjudice sérieux et permanent?
Dans les maladies parasitaires externes, nous avons des substances qui tuent sur place l'agent pathogénique. Elles sont, à cet égard-là. des spécifiques à peu près parfaits. C'est une affaire peu compliquée qui se passe sous nos yeux, que nous pouvons conduire et régler à volonté, puisqu'il n'y a aucun intermédiaire entre le parasite et son parasiticide. Mais lorsque le principe infectieux, quel qu'il soit, a pénétré dans l'organisme et s'est incorporé à lui de façon à modifier profondément sa manière d'être, le problème delà spécificité thérapeutique devient presque aussi insoluble que la vie elle-même. Le germe morbide, partout répandu, se mêle aux opérations les plus élémentaires de la nutrition. Comment pénétrer jusqu'à lui, l'atteindre dans les cellules, l'y neutraliser ou l'y tuer, sans les désorganiser elles-mêmes?
Et, à supposer que nous puissions y arriver, qui nous donnera la mesure de notre action thérapeutique? Sera-t-elle complète et durable, ou palliative et transitoire? Que fera-t-elle disparaître flans la maladie? La cause morbide ou bien seulement ses conséquences?
Quelle sera sa part exacte dans la guérison, dans l'œuvre de réparation et de préservation? Car elle ne sera pas seule à agir au milieu de ce tourbillon incessant de la vie où elle vient de s'engager. Ce n'es! pas un milieu inerte, indifférent, banal que celui où va s'exercer cette action. Tout y bouillonne en une incessante fermentation, et les forces vives de l'organisme ne subissent pas le virus sans réagir contre lui. Souvent même ne suffisent-elles pas toutes seules pour l'éliminer et réparer le mal qu'elles n'ont pu prévenir?
Y a-t-il dans la thérapeutique générale et, en particulier, dans la thérapeutique de la syphilis, des spécifiques doués, au sens le plus complet, le plus absolu, de toutes les propriétés qui en feraient l'idéal du médicament? Y en a-t-il un seul qui ne soit passible d'aucune objection sérieuse?
L'histoire nous force de répondre que malheureusement il n'en