‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 380 sur 610 · SYPHILITIQUES COMPLIQUÉS DE GANGRÈNE · texte numérisé non relu

SYPHILITIQUES COMPLIQUÉS DE GANGRÈNE

prévoir les conséquences. Il en résulte que, si le traitement préventif et atténuant, dans les gangrènes par inflammation suraiguë, peut être institué d'avance, nous sommes contraints, dans les gangrènes constitutionnelles, de nous en priver par la force même des choses, puisque rien n'en indique l'urgence avant la complication qui a l'habitude de se produire d'emblée et de nous surprendre, la plupart du temps, en pleine sécurité.

Ces deux variétés de gangrènes sont organiques et vitales. Une troisième variété plus importante est celle qui dépend de causes presque mécaniques, par exemple, de la compression et de l'étranglement que subit la néoplasie, quand l'étroitesse du limbe prépuLial met la verge en état de paraphimosis ou de phimosis. Dans la grande majorité des cas, ce sont ces deux accidents qui produisent ou provoquent le processus gangreneux, soit à eux seuls, soit par leur combinaison avec les prédispositions gangreneuses inhérentes aux chancres dont ils viennent entraver la circulation et modifier la vitalité. Le prépuce est la cause d'une infinité de complications dans les 3 espèces de maladies vénériennes, la blennorragie, la chancrelle, la syphilis. Dans cette dernière, surtout durant la période primitive, le prépuce convertit trop souvent un syphilome relativement bénin en une affection locale des plus dangereuses pour le pénis.

IV. Chancres syphilitiques compliqués de paraphimosis. — La gangrène s'empare quelquefois des chancres infectants balanoprépuliaux, lorsque le prépuce en paraphimosis étrangle toute la partie antérieure de la verge. Il en peut résulter des destructions partielles irréparables ou même une destruction complète. On ne sait pas jusqu'où ce processus gangreneux est susceptible d'aller en avant et en arrière de l'étranglement. J'ai vu des cas où, après avoir débuté par une petite mortification presque insignifiante, il prenait, en 24 ou 36 heures, des proportions effroyables et que rien ne pouvait arrêter. Quand les choses en arrivent là, le paraphimosis n'en est pas seul responsable. Il est probable qu'il y avait déjà dans les chancres des germes de gangrène; mais quelle impulsion ne donne-l-il pas à leur développement!

Il faut donc diriger tous nos efforts contre cet accident le plus vite possible, et ne pas perdre une minute dans nos tentatives de réduction sur le paraphimosis. Ce n'est pas chose facile de ramener le prépuce dans sa position naturelle, lorsque le néoplasme balano-.

l'AHAl'HIMOSIS DANS LES CHANCRES 1NEECTA.NTS.

prépulial est volumineux. A l'obstacle qu'il oppose s'en ajoute un autre tout spécial à la syphilis : c'est l'infiltration du bourrelet antérieur à l'étranglement, qui, au lieu de rester œdémateux comme clans les cas ordinaires, devient très rapidement plastique, s'épaissit , se solidifie, semble participer à l'induration de la néoplasie et faire corps avec elle pour constituer une énorme tumeur infranchissable. Non seulement on ne peut pas réduire, mais le débridement luimôme ne sert pas à grand 'chose contre toutes les adhérences plastiques aux tissus sous-jacents et l'immobilisation qui en résulte.

Dans ces conjonctures, quelles sont les règles à suivre ?

1° Il faut tenter la réduction ;

2° Si elle est tout à fait impossible et si l'étranglement produit par sa violence une ischémie menaçante pour la nutrition, il est indispensable de le débrider sur la ligne médiane supérieure au moyen d'une incision profonde, prolongée à 1 ou 2 centimètres suivant les cas, en avant et en arrière de lui. Cette incision, si elle ne produit pas une délivrance aussi rapide et aussi complète qu'on le voudrait, dégage du moins les tissus et atténue la turgescence ischémique. On ne court aucun risque ici qu'elle devienne ulcéreuse, comme dans les ebancres simples. Elle se répare et se cicatrise promptement ;

3° Pour favoriser le dégorgement, le meilleur moyen est d'entourer la verge, au niveau du parapbimosis, avec une bande de caoutchouc, large de 3 travers de doigt. Il est inutile de la serrer beaucoup. La continuité de la compression douce et progressive qu'elle exerce donne les meilleurs résultats.

Il y a beaucoup de paraphimosis qui n'étranglent que fort peu les parties saines et les chancres. Ils n'en sont pas moins irréductibles. Contre eux, le débridement est inutile. La bande de caoutchouc suffit toujours. Dans ces demi-paraphimosis la gangrène survient rarement; mais ce qui est très commun, c'est l'ulcération plus ou moins profonde de la néoplasie et la lenteur de la guérison. C'est alors qu'on voit les chancres durer deux ou trois mois et rester encore en pleine activité pendant les premières semaines de la période secondaire. Il y en a même qui survivent aux premières poussées de cette période.

V. Chancres syphilitiques compliqués de phimosis et de balanoposlhiles. — Dans un état opposé du prépuce, dans Le phimosis et les balano-poslhitcs, que suscitent si fréquemment le chancre

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