PHIMOSIS ET SES COMPLICATIONS DANS LA SYPHILIS PRIMITIVE
syphilitique du limbe et les chancres halano-préputiaux, ce processus gangreneux est à craindre pour peu que l'inflammation de la muqueuse soit considérable. Ici l'étranglement des parties intervient sans doute, mais pas au même degré que dans le paraphimosis. La complication est moins mécanique, plus vitale, et elle se rattache directement à la phlegmasie qui peut en être regardée comme la cause la plus prochaine.
Aussi, avant la phase gangreneuse, voit-on le prépuce se tuméfier, devenir rouge, luisant, tendu. Un écoulement sanieux et sanguinolent révèle la part active que la muqueuse prend au processus. Les chancres plongés dans cette atmosphère inflammatoire ne tardent pas à se modifier. Ils augmentent de volume, eux aussi, emportés par le mouvement de prolifération morbide qu'ils ont suscité autour d'eux. Mais bientôt ils succombent par épuisement, et leur régression, puis leur gangrène surviennent avec une effrayante rapidité. Ainsi, dans un cas de néoplasme chancreux occupant toute la partie antérieure du gland, le filet et une partie du limbe, des phénomènes inflammatoires survenus inopinément entraînèrent, en quatre ou cinq jours, une destruction complète des parties hyperplasiées. Il survint même une autre complication qui mit en danger les jours du malade : ce fut une hémorragie qu'on eut la plus grande peine à arrêter. Quand le malade fut guéri, son gland se réduisait à deux valves assez minces, séparées par une large entaille ouverte en avant, au fond de laquelle débouchait le canal de Furèlhre. Méat, fosse naviculaire, filet, partie médiane du gland, avaient été du coup détruits, puis éliminés, sans compter la partie inférieure et latérale du prépuce, dont il ne restait que quelques débris.
Dans lesbalano-posthitcs infectantes gangreneuses, c'est surtout le gland qui est atteint. Le prépuce souffre moins. Il durcit, se sclérose dans toule son étendue, reste intact ou n'est entamé que dans une partie de son pourtour. Mais quelquefois il devient, à la suite de chancres infectants, le siège de lésions gangreneuses aussi graves, aussi étendues, aussi foudroyantes que celle qu'on observe si fréquemment dans les balano-posthites gangreneuses symptomaliques des chancres simples.
Pour prévenir ces redoutables complications, il importe au plus haut point d'employer, dès le début des balano-posthites infectantes compliquées de phimosis, les moyens les plus propres à diminuer la violence du processus inflammatoire.
Quand il est modéré, les cataplasmes, les bains locaux et généraux.
COMPLICATIONS KT TRAITEMENT DES BALANO-POSTHITES
les injections intrapréputiales fréquentes, avec des liquides émol- Lients et aseptiques, suffisent la plupart, du temps pour. conjurer l<» péril et amener très vite un amendement des symptômes Inflammatoires. En somme, une médication très simple est suffisante.
Je prescris cinq ou six fois par jour, en pareil cas, des injections à grande eau dans la cavité glandoprépuliale, avec uiie solution phéniquée au 100e, avec de l'eau boriquée, des solutions de sulfate de zinc au 200e et même des solutions de nitrate d'argent au 150e, quand il existe visiblement un état catarrhal très prononcé de la muqueuse glandopréputiale. Les insufflations de poudre d'iodoforme donnent en général d'excellents résultats. — Voilà pour les balano-posthites infectantes légères, moyennes, subaiguës, qui sont incontestablement les plus communes.
Dans les cas exceptionnels où le processus inflammatoire arrive à produire en peu de temps une turgescence œdémateuse aiguë et énorme du prépuce, avec rougeur et tension de la peau, un flux purulent et ichoreux excessif, une hémorragie intrapréputiale, les moyens ordinaires sont impuissants à arrêter le mal. Si on s'en tenait à eux, la complication aboutirait fatalement à la gangrène. Le meilleur, le seul moyen pour la prévenir ou pour l'arrêter, c'est de faire une grande incision sur la ligne médiane supérieure, qui comprenne toute la longueur du prépuce, c'est-à-dire qui s'étende depuis le limbe jusqu'au fond du sillon balanopréputial. On la pratique avec des ciseaux; c'est beaucoup plus simple qu'avec le bistouri. Dès qu'elle est faite, les deux moitiés latérales du prépuce s'écartent et toute la surface de la cavité glandoprépuliale se trouve ainsi mise à nu. On y constate souvent des points de sphacèle qu'on n'avait pas soupçonnés. Cependant, en général, le sphacèle se décèle par son odeur spéciale; aussi faut-il toujours chercher à, la percevoir, car elle fournit une précieuse indication pour le traitement. En l'absence de tout autre signe, elle suffit, et il ne faut pas hésiter une minute à ouvrir largement la cavité prépuliale.
Cette opération est inutile quand toute la moitié supérieure de l'organe a été envahie par le sphacèle. Mais si sa destruction n'est que partielle, il faut toujours la pratiquer.
Assurément, elle donne dans la plupart des cas, surtout lorsqu'elle est faite de bonne heure, d'excellents résultats. Cependant il arrive parfois que le processus gangreneux se poursuit invinciblement, car il ne nous reste plus rien à lui opposer. Probablement