‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 382 sur 610 · SYMPTOMATIQUES DES CHANCRES SYPHILITIQUES · texte numérisé non relu

SYMPTOMATIQUES DES CHANCRES SYPHILITIQUES

il tient ' alors à des causes générales, alcoolisme, glycosurie, cachexies plus ou moins latentes", débilité locale, prédisposition mystérieuse, etc., etc., contre lesquelles nous ne pouvons rien, du moins instantanément.

Lorsque' le processus gangreneux est violent et embrasse une grande étendue, il provoque des symptômes généraux, de 5 ou 6 jours de durée, qui constituent une fièvre continue ou rémittente, avec sueurs abondantes, prostration plus ou moins grande, et même quelquefois délire. Ces phénomènes ataxo-adynamiques ne présentent aucun danger et disparaissent d'eux-mêmes. Pour les modérer, je prescris du sulfate de quinine à la dose de 60 à 80 centigrammes quotidiennement.

L'élimination de l'escarre noire s'accomplit par le seul effort réparateur de l'organisme. Un fossé d'ulcération réparatrice se creuse tout autour des parties mortes et finit par les isoler complètement des parties saines.

Pendant toute la durée de cette période, nous ne devons intervenir que pour maintenir, à l'aide de lavages détersifs, antiseptiques, phéniqués, boriqués, désinfectants, au permanganate de potasse, etc., le foyer morbide dans les conditions les plus propres à accomplir son œuvre, qui est tout à la fois éliminatrice et réparatrice. Et cette œuvre est quelquefois merveilleusement rapide. Malheureusement, elle ne peut pas aller jusqu'à restituer ce qui a été détruit.

II faut s'interdire de toucher au sphacèle. Tout au plus pourronsnous en exciser les parties les plus superficielles, celles où toute vie est radicalement éteinte. Mais qu'on se garde bien de l'arracher. En dessous, il tient encore aux parties saines jusqu'au dernier moment de son élimination spontanée. Il y tient par un pédicule vasculaire qui ne serait pas rompu sans inconvénient, car il en pourrait résulter une petite hémorragie.

La balano-posthile infectante occupe une très grande place dans la syphilis primitive. C'est une de ses variétés les plus communes. J'en ai décrit minutieusement toutes les formes dans mon ouvrage sur la syphilis primitive et la syphilis secondaire ; j'y renvoie le lecteur1. — Outre celles qui sont aiguës, suraiguës, gangreneuses, il en existe, et c'est de beaucoup le plus grand nombre, dont le processus est à peine inflammatoire et ne fournit aucune indication

i. Syphilis primitive el. Syphilis secondaire, p. 338-340, etc., etc.

DALANO-POSTHITES SYI'H I LITIOUES SÈCHES ET INDURÉES.

dans le sens antiphlogis tique. Tout se borne à une infiltration œdématoplastique partielle ou générale du prépuce, qui se Lrouve par là converti eu une coque dure, chondroïde, rigide et par conséquent immobile. Le limbe devient un anneau presque inextensible et comme cartilagineux, sur lequel déborde quelquefois l'érosion des chancres intrapréputiaux. La peau est rouge terne, les sécrétions intrapréputiales sont rares.

Dans cette forme, dont les nuances sont très nombreuses, on se bornera aux injections détersives, aux cataplasmes et aux compresses résolutives, durant les premiers jours, et, plus tard, à des onctions sur toute la moitié antérieure de la verge avec de l'onguent napolitain.

Presque toutes les infiltrations néoplasiques du limbe, dans les balano-posthites syphilitiques, sont résolutives, même celles qui s'accompagnent d'érosion. Elles ne provoquent pas la formation d'un tissu cicatriciel. Il en résulte que le phimosis se guérit sans qu'il soit nécessaire de recourir plus tard à la circoncision. Les tissus recouvrent leur souplesse et l'orifice préputial reprend son calibre ordinaire. Il n'en est pas ainsi, ordinairement, à la suite des chancrelles du limbe ; leur cicatrisation entraîne presque toujours un phimosis permanent.

Chaque fois qu'il est nécessaire d'intervenir avec les ciseaux ou le bisLouri dans la syphilis primitive, on peut le faire hardiment, sans craindre l'inoculation des plaies. Elle ne se produit jamais, tandis qu'elle est fatale dans les chancrelles.

En outre, le pouvoir cicatriciel n'est en rien diminué par Le syphilome primitif et les suffusious œdématoplastiques qui se développent à sa suite. Les hémorragies sont un peu plus à craindre, à cause de l'épaississement hypertrophique des artères et des veines qui les maintient béantes à la surface des solutions de continuité. Mais il est facile de les arrêter.

VI. Chancres syphilitiques compliqués d'hémorragies. — Dans la très grande majorité des accidents primitifs, le sang, Lorsqu'il suinte sur les érosions toujours très congestionnées et même ecchymotiques, s'arrête facilement, et de lui-même. Il arrive cependant que ce suintement peut devenir assez considérable pour débiliter le malade. Ainsi, dans mon service, un vieillard cachectique, qui avail sur La lèvre inférieure un gros chancre infectant érosif, perdit, en une nuit, sans le savoir, 3 ou 400 grammes de sang. Il y a des

COMPLICATIONS HÉMORRAGIQUES DES CHANCRES INFECTANTS.

érosions chancreuses qui saignent constamment. Elles sont, comme certaines ulcérations, dans les syphilides ecthymateuses malignes.

Mais ces hémorragies en nappe, si persistantes qu'elles soient, ne présentent aucun danger.

Celles qu'on doit réellement redouter surviennent, comme épiphénomènes, dans les balano-posthiles chancreuses compliquées de gangrène. Elles aggravent singulièrement cette affection déjà si sérieuse par elle-même. C'est qu'elles sont tout à la fois fort abondantes et incoercibles. On ne sait où est leur source; impossible de la découvrir dans la cavité préputiale close par le phimosis. Une compression générale de tout l'organe ne suffit pas ; bien loin de là, elle augmente quelquefois la perte de sang.

Aussi faut-il faire tout le contraire, c'est-à-dire débrider largement par une incision sur la ligne médiane supérieure, depuis le limbe jusqu'au repli préputial. Chose curieuse, après cette opération, l'hémorragie, contre laquelle on avait vainement lutté, s'arrête quelquefois spontanément. Si elle continue, on cherche, sous le sphacèlc, après avoir délergé la surface de la muqueuse de tous les détritus ichoreux qui la recouvrent, la lésion d'où le sang s'échappe, et il est alors possible de l'arrêter. De petits tampons d'ouate hydrophile imbibée d'eau boriquée froide, de petits morceaux d'amadou suffisent la plupart du temps. Au besoin on cautériserait avec le crayon, on emploierait le perchlorure ou même le thermocautère. Mais, en général, les moyens violents sont inutiles. J'ai observé un assez grand nombre de ces hémorragies graves, et presque toujours je n'ai pu les arrêter qu'avec le débridement du prépuce, qui est du reste indiqué par la balano-posthiLe déjà gangreneuse ou en imminence de le devenir.

VII. Chancres syphilitiques compliqués de phagé dénisme . — Il est rare que cette complication atLeigne des proportions dangereuses dans la syphilis primitive. Elle est loin d'être aussi redoutable que le phagédénismo chancrelleux. Pour en mesurer la portée, il faut voir en elle moins un désordre local que le signe d'une prédisposition de l'organisme à imprimer le mode ulcéreux aux déterminations cutanées et muqueuses, et même une cerlainc malignité à tous les accidents, quel que soit leur siège, qui émaneront ultérieurement de la diathèse.

Cette complication est de moins en moins fréquente, sans

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