CARACTÈRES, PROCESSUS ET TRAITEMENT DE PUAGÉDÉNISME
diminuer auLant que le phagédénisme chancrelleux, qui passe ;i L'état de rareté pathologique.
Sans doute, quelques chancres syphilitiques s'étalent, se creusent, deviennent très ulcéreux et même envahissants. Mais, tout à coup, ce phagédénisme, d'apparence si menaçante, s'arrête soit de lui-même, soit sous l'action des remèdes spécifiques. Il guérit parfois avec une merveilleuse rapidité, et, chose étonnante, il cause des pertes de suhstance beaucoup moins considérables qu'on aurait pu le supposer. Au lieu d'être, comme celui du chancre simple, opiniâtre, indéfini en extension et en durée, rebelle à la plupart des médications , destructeur imperturbable des tissus sains sur de grandes surfaces, il dure relativement peu, il se circonscrit et il reste toujours maniable, si bien qu'on est sûr d'en venir à bout en peu de temps. Enfin, et c'est là un point important, il vit beaucoup plus aux dépens du néoplasme que des tissus sains, et c'est ce qui fait que sa cicatrice est incomparablement moins étendue que lui.
Il lui arrive bien quelquefois de produire des perles de substance assez considérables, mais le fait est rare; et, quand vous verrez les tissus profondément envahis à la suite de l'accident primitif de la syphilis, soyez sûrs que, dans la grande majorité des cas, c'est le processus gangreneux, et non le phagédénisme, qui en est responsable.
Dans le phagédénisme syphilitique primitif, la sclérose est toujours peu prononcée et disparait vite; aussi arrivc-t-il un moment où on pourrait croire qu'il s'agit non pas d'un chancre infectant, mais d'une chancrelle, d'autant plus qu'en pareille occurrence, l'adénopathie spécifique est nulle ou peu prononcée. M. Rollet n'at-il pas eu raison de croire que la plupart des cas de phagédénisme syphilitique primitif sont le résultat d'un chancre mixte? Il esi fort possible qu'il en soit ainsi quelquefois, mais c'est l'exception.
Dans le phagédénisme syphilitique, en effet, le virus qui s'esl emparé do tout l'organisme n'occupe pas l'ulcère seulement: il imprègne tous les tissus, ceux qui conservent leur intégrité comme ceux qui subissent l'action destructive. Ce n'est pas au même degré, assurément; mais peu importe. L'infection généralisée prime l'infection localisée. Aussi ne vous acharnez pas contre le syphilomicrobe, dans le territoire plus ou moins circonscrit de l'ulcération; ce serait peine perdue. Attaquez Le syphilomicrobisme lui-même, c'est-à-dire la maladie constitutionnelle, et vous verrez avec quelle