‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 384 sur 610 · QUI COMPLIQUE LES CHANCRES INFECTANTS · texte numérisé non relu

QUI COMPLIQUE LES CHANCRES INFECTANTS

étonnante rapidité d'énormes changements se produiront sur tous Les tissus que rongeait le phagédénisme syphilitique.

L'indication capitale, dans ce phagédénisme, est donc de combattre la diathèse. Et c'est chose facile, puisque nous possédons deux puissants spécifiques, le mercure et l'iodure de potassium. Ce dernier surtout est doué, en pareil cas, d'une vertu curative incomparable et presque infaillible. 11 ne détruit pas la prédisposition, car il arrive très souvent que les poussées de la syphilis s'expriment indéfiniment par les mêmes lésions destructives; mais je ne crois pas qu'il existe un seul agent thérapeutique qui pénètre ainsi jusqu'à elle, qui la touche d'aussi près et la modifie à un semblable degré.

Que la syphilis soit jeune ou vieille, à l'état embryonnaire et pour ainsi dire au berceau, comme dans le chancre, ou adolescente et en pleine floraison, dans les manifestations diffuses et coniluentes de la période secondaire, ou bien invétérée et d'autant plus mauvaise, aux phases avancées du tertiarisme : à tous ces moments de sa longue vie et de ses interminables étapes, l'action phagédénique qu'elle a suscitée est justiciable du mercure et de l'iodure. Ils ne la préviennent pas toujours, ils n'empêchent point absolument ses retours offensifs; mais quand elle se produit, ils la circonscrivent, la modèrent, la forcent à reculer et réparent, dans la mesure du possible, les destructions qui en ont été la conséquence. Voilà ce que nous pouvons espérer d'eux dans la majorité des cas.

Mais, il faut bien le reconnaître, quelquefois ils échouent, par exemple, dans le phagédénisme local, pour ainsi dire foudroyant, contre lequel ils n'ont pas le temps d'agir, ou dans certains phagédénismes généralisés dont quelques syphilis, sursaturées de malignité, nous offrent de tristes exemples, devenus heureusement de moins en moins communs.

Ce phagédénisme primitif diffère tellement du phagédénisme chancrellcux, qu'il faut bien se garder d'employer contre lui le même traitement. Je proscris de la manière la plus formelle, et dans tous les cas, les cautérisations destructives, pour en arrêter les progrès. Ici la médication topique doit céder le pas à la médication interne qui est d'une efficacité incontestable. Dès qu'on voit un chancre syphilitique prendre une marche envahissante, se creuser et s'étendre, il faut, si on ne l'a déjà fait auparavant, administrer le mercure et surtout l'iodure de potassium. Le sirop de biiodure ioduré répond à celte double indication. Comme pan-

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