TRAITEMENT DES CHANCRES DE L'ANUS ET DU RECTUM
sont presque toujours indolents, et ce fait est d'autant plus frappant qu'il contraste avec la sensibilité excessive des fissures vulgaires que provoque toujours le spasme réflexe du sphincter. Pour rare qu'elle soit, la douleur peut cependant y devenir quelquefois très aiguë et irradiante1.
On les combattra par des pansements à la cocaïne, ou bien par un badigeonnage qu'on fera trois ou quatre fois par jour avec un pinceau imbibé de la solution suivante :
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Chloroforme ) 0
Iodoforme : toute la quantité que pourra dissoudre ce liquide.
Les atrésies de l'anus et du rectum ne sont point, produites par le chancre syphilitique, mais plutôt par les chancrelles et, mieux encore, par les suffisions sclérogommeuses tertiaires de la région anorectalc.
Les chancres périgénitaux sont ecthymateux au pubis, suppurent beaucoup et agglutinent les poils qu'il faut couper pour les mettre à découvert et les panser convenablement. J'ai toujours trouvé que la déviation phagédénique se développait avec une assez grande facilité sur les chancres syphilitiques de l'hypogastre. Presque tous sont remarquables par leur grandes dimensions, leur nature ulcérophagédénique, leur forme ovalaire dont le grand diamètre est perpendiculaire à l'axe du corps, leur extension progressive en surface et en profondeur, pendant les trois ou quatre premiers septénaires de leur durée. Puis, brusquement, ainsi qu'il arrive souvent dans les chancres syphilitiques ulcéreux, le travail morbide s'arrête et un processus réparateur amène, en quelques jours, une prompte cicatrisation.
I . Chancre syphilitique du rectum. — Il est très rare. M. le Dr Campenon a noté la fréquence de la rectite dans cet accident primitif de la syphilis, et les douleurs qui l'accompagnent pendant la défécation, surtout quand il y a constipation, ce qui arrive presque toujours. Il faut recourir aux irrigations rectales en pareille occurrence. M. Campenon les pratique de la façon suivante : 1° comme topique, solution trùs chaude de chloral hydraté à 1 — 2° comme instrumentation, deux sondes que l'on introduit simultanément dans l'intestin, le liquide pénétrant par l'une et sortant par l'autre. — Il faut employer un ou plusieurs litres de ce liquide par chaque irrigation, qui sera quotidienne ou mieux biquotidienne. A défaut d'irrigations chloralées, employer des suppositoires à l'iodoforme. — Ce qu'il y aurait de mieux encore, ce serait un suppositoire mercuriel à la cocaïne ou à l'iodoforme : Beurre de cacao, 2 gr. ; paraffine, 50 centigr. ; onguent napolitain, 1 gr. ; iodoforme, i gr. (avec ou sans cocaïne, 2 centigr.). Un pareil traitement convient aussi très bien, comme on le verra plus loin, aux syphilioses rectales.