DE LÀ CONJONCTIVE ET DE LA LANGUE
superficielles qui auront le double résultat de produire une petite émission sanguine et d'évacuer l'œdème sous-conjonctival. C'est le meilleur moyen de diminuer la pression à la surface de l'œil et de prévenir par là les lésions de la cornée par ischémie.
On se gardera bien, pour le pansement des chancres de la conjonctive, du calomel ou des poudres qui contiendraient des sels mercuriels, parce que l'iodure qu'on donne quelquefois à l'intérieur en pareil cas, et qui s'élimine par les larmes, décomposerait ces sels et produirait du biiodure d'hydrargyre qui est très irritant.
Il n'existe, je crois, qu'un seul cas de chancre syphilitique de la cornée. Il a été observé et relaté par M. Binet dans son intéressante thèse sur le Rôle de la syphilis dans la cécité. Le sujet était un étudiant en médecine; il se fit soigner de la vaste ulcération de la cornée qui s'était développée sans cause, chez lui, par les premiers ophtalmologistes et syphiliographes de Paris. A peu près tous s'accordèrent à diagnostiquer un chancre induré. Guérison de cette ulcération, malgré sa gravité. Quelques semaines après, accidents secondaires.
IV. Chancres de la langue. — Ils sont en général papulo- tuberculeux et érosifs, et siègent presque toujours sur la pointe de l'organe. J'en ai vu un gros comme une noisette et globuleux, sur le bord gauche en avant; je le pris d'abord pour une gomme. J'en ai observé un autre plus grave, car, d'ulcéreux qu'il était d'abord, il devint phagédénique ; sa guérison fut très difficile à obtenir; elle n'eut lieu qu'au bout de plusieurs mois, après des souffrances atroces et une perte de substance considérable.
La douleur, dans les chancres de la langue, est la complication peut-être la plus fâcheuse ; car, outre qu'elle est très violente au siège même du mal, elle pousse des irradiations extrêmement pénibles dans l'oreille correspondante. Les olalgies symptomatiqucs de ces lésions prennent quelquefois des proportions inquiétantes. La mastication et la prononciation sont très gênées par la sensibilité, par le volume du syphilome et par une sorte de parésie réflexe qu'il semble produire dans la langue. Il provoque aussi une salivation fort incommode. On ne peut guère l'amender que par le traitement interne. Mais il ne suffit pas contre les complications.
.J'ai été obligé d'arrêter le plui^édênisme lingual avec le thermocautère qui fit également disparaître les douleurs irradiantes. Pour