DES CHANCRES SYPHILITIQUES DE L'ISTHME DU GOSIER
el qui est très caractéristique. Mais il fait quelquefois défaut. — J'ai vu le néoplasme primitif de l'amygdale devenir, dans un cas, pultacé et phagédénique. Ses symptômes étaient ceux de l'angine la plus aiguë et la plus douloureuse. On apercevait, entre les deux piliers, une large surface d'un rouge foncé, anfractueuse, recouverle de lambeaux sphacelés exhalant une odeur gangreneuse. En palpant extérieurement la région de l'amygdale et en portant intérieurement sur la glande l'index de l'autre main, on sentait une masse dure, ligneuse, immobilisée dans une atmosphère de tissu cellulaire infiltré. Les ganglions parotidiens étaient durs et volumineux. La guérison fut longue à obtenir et n'eut lieu que longtemps après les phénomènes consécutifs de la maladie constitutionnelle.
En pareil cas, il faut combattre la complication gangreneuse et phagédénique par des gargarismes boriqués, boralés ou chloratés ; déterger les surfaces malades ; les badigeonner deux ou trois fois par jour avec de l'iodoforme à saturation dans de l'éther et du chloroforme; administrer à haute dose le traitement hydrargyrique et ioduré; faire des frictions quotidiennes sur l'engorgement du cou avec de l'onguent napolitain et soutenir les forces avec des aliments très substantiels et liquides ou à demi liquides, afin que le malade puisse les avaler.
Un des chancres syphilitiques de l'isthme les plus remarquables que je connaisse est le suivant:
Quarante-trois jours juste après avoir eu des rapports avec une femme syphilitique, mais qu'il croyait guérie, le malade commença à éprouver un peu de malaise général et de douleur à la gorge, qui ne tardèrent pas à se calmer. Mais, 7 jours après, l'angine devint plus accentuée et il se forma très vite, un peu en arrière de l'isthme, à gauche, un foyer de souffrances atroces, d'autant plus extraordinaires que la lésion n'était nullement en rapport avec elles. Pendant plusieurs jours, on ne la découvrit même pas. A la longue, un laryngoscopiste finit par apercevoir, derrière le pilier postérieur, une ulcération qu'il prit pour une manifestation d'ordre tertiaire ; mais le malade n'avait jamais eu la syphilis. Beaucoup de médecins furent consultés; aucun ne supposa qu'il s'agissait d'une syphilis primitive gutturale. 11 n'y eut jamais le moindre engorgement cervical derrière l'angle de la mâchoire. S'il s'était produit, on l'aurait facilement constaté, car le malade, naturellement maigre, le devenait de plus en plus par le fait de cette grave angine.
Ce <|iii prédominait en elle, c'était la douleur : non seulement une douleur violente an siège du mal, s'exaspérant dans la déglutition, mais surtout une douleur atroce qui poussait en droite ligne d'horribles