‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 393 sur 610 · GRAVITÉ INFECTIEUSE, COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

GRAVITÉ INFECTIEUSE, COMPLICATIONS

irradiations dans l'oreille correspondante. Celle otalgie réflexe devint tellement grave que le palienl consulla un médecin aurisle, lequel ne découvrit aucune lésion dans l'appareil auditif. L'ouïe, du reste, étail restée intacte.

D'autres irradiations descendaient vers le larynx et suscitaient des quintes de toux spasmodique et une abondante sécrétion de mucosités pharyngo-laryngiennes, qui cessait après les crises de douleurs. Car, outre la continuité des souffrances, il y avait aussi en elles des paroxysmes plus accentués le soir et la nuit que le jour. Le côté droit de la gorge l'ut un peu pris, mais beaucoup moins que le gauche.

Affreusement torturé par ces épouvantables douleurs qui le rendaient presque fou, le malade eut recours à tous les calmants, et il n'y eut que les piqûres de morphine qui le soulagèrent. Un centigramme de chlorhydrate de morphine, injecté dans les fesses, calmait, parait-il, ou faisait disparaître presque instantanément les douleurs fixes ou irradiantes. Ce qui procura aussi un grand soulagement, ce fut l'iodure de potassium et les badigeonnages avec de l'iodoforme à saturation dans du chloroforme.

Tous les médecins consultés déclarèrent qu'il ne s'agissait point là d'un chancre. Et cependant, 45 jours après l'apparition de l'angine, toute la peau se couvrit d'une éruption papulo-érylhémaleuse confluente sur laquelle il n'y avait pas à se tromper. A peine existaitelle que le malade vint me consulter. Sans préambule, il se découvril le front et me dit: « Qu'est-ce que j'ai là?» — Une syphilide, répondis-je tout de suite, sans aucune hésitation. Il me raconta ensuite l'histoire qui précède et que j'ai résumée dans ce qu'elle a d'essentiel.

Je ne pense pas qu'il existe un cas plus instructif et plus curieux de syphilis gutturale primitive grave, aussi difficile à diagnostiquer et surtout aussi extraordinairement douloureuse. Je crois que, si elle avait été reconnue dès les premiers jours, on aurait épargné au malade un mois de souffrances insupportables et de troubles très pénibles de la déglutition, sans compter le dépérissement et l'espèce de cachexie qui en a été la conséquence, en instituant le traitement spécifique interne et en insistant sur l'iodure de potassium qui produisit, plus tard, une accalmie si remarquable. Les abstentionnistes les plus déterminés oseraient-ils, en pareille occurrence, se priver des bénéfices certains que procurent les spécifiques? Quelle objection pourraient-ils faire contre leur emploi?

VI. Chancres syphilitiques des doir/ls. — J'en ai vu beaucoup de très graves. La principale complication qui soit à craindre, c'est l'inflammation par suite des nombreuses causes irritantes auxquelles la main se trouve exposée. Dans la plupart des cas, le traitement

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