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LÀ GÉNÉRALISATION DU PROCESSUS INFECTIEUX

Il importe au médecin d'en bien connaître la nature, la signification et la portée. J'insiste sur ce point parce que, très souvent, cet ensemble morbide est rapporté à d'autres causes que la syphilis et vainement traité par le sulfate de quinine, l'opium, les toniques, les ferrugineux, etc. Combien de fois n'ai-je pas vu commettre de pareilles erreurs! Le diagnostic, en pareille occurrence, est le point

Ils sont les premiers effets de l'impression morbide que font naître dans l'organisme l'introduction et la multiplication du principe virulent. Cette impression a pour siège électif les centres nerveux, les nerfs et, plus rarement, le grand sympathique.

I. Le principe toxique agit sur le système nerveux, soit directement, soit indirectement. Il suscite directement l'action morbide lorsqu'on ne peut constater aucun intermédiaire pathologique entre le chancre et les névropathies prodro iniques. Il la suscite indirectement lorsqu'un état chloro-anémique progressif se manifeste vers le milieu ou la fin du processus chancreux. La plupart du temps, ces deux modes pathogéniques se combinent. Il en résulte que les troubles névropathiques sont, généralement, en raison directe de l'altération du sang.

II. Dans la dyscrasie que doit nécessairement produire l'intoxication syphilitique, la diminution des globules blancs et de l'albumine est, jusqu'à présent, la seule altération sanguine qui ait été constatée. Mais il est probable qu'il en existe d'autres, et, sur cet important sujet, de nouvelles recherches sont nécessaires.

III. Le seul processus dont nous puissions nous rendre compte est celui qui produit l'altération du sang. El, en effet, pendant la période chancreuse, il survient des lésions ganglionnaires qui, d'abord locales, se généralisent peu à peu et envahissent les autres organes de l'hémalopoïèse, tels que la rate, les amygdales, les follicules des muqueuses, le corps thyroïde, etc.

IV. Les symptômes constitutionnels, dans la période prodromique de la syphilis secondaire, sont : — a. La fièvre syphilitique avec toutes ses variétés de types, de durée, d'intensité. — b. Les algies, telles que céphalées nocturnes, névralgies diverses, douleurs musculaires rhumatoïdes, arthralgies, douleurs ostéocopes, pleurodynies, sternalgies, lumbago, etc., etc. — c. Les troubles encéphaliques. — d. Les troubles cardio-pulmonaires. — e. Les troubles nutritifs avec ou sans asthénie des fonctions du grand sympathique.

Ces symptômes sont beaucoup plus fréquents chez la femme que chez l'homme. Chez l'homme, la plupart du temps, la syphilis produit ses premiers effets cutanés, muqueux ou autres, sans troubler en rien les grandes fonctions et sans altérer la santé générale. Il en est de môme chez quelques femmes pr ivilégiées. De légères attaques de céphalée nocturne, de la courbature, des douleurs rhumatoïdes, des sueurs pendant la nuit, tels sont les prodromes les plus ordinaires des manifestations matérielles de la syphilis.

V. Les troubles constitutionnels cessent, ordinairement, à l'époque où les éruptions se montrent. Mais ils persistent quelquefois et s'accentuent pendant la. période secondaire, au point de constituer une sorte d'état cachectique qui n'esl pas toujours en rapport avec la gravité des déterminations syphilitiques.

Dans la plupart des cas, ils ne sont pas graves par eux-mêmes, et ils guérissent spontanément ou à l'aide d'une médication spécifique et reconstituante.

En outre, on ne peut pas juger exclusivement d'après eux ce que seront les manifestations ultérieures plus imprégnées de spécificité, car on voit parfois des syphilis faibles précédées de désordres généraux sérieux, tandis que des syphilis graves ou même malignes ne suscitent, à leur début, aucune perturbation plastique ou fonctionnelle.

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!ii4 TRAITEMENT DES TROUBLES CONSTITUTIONNELS l'RODROMIQUES.

essentiel. Du moment qu'on le tient, l'indication et le traitement s'imposent.

On soumettra immédiatement les malades à un traitement hydrargyrique et io duré; on augmentera les doses s'il élail déjà institué. Le mercure à lui seul est 1res efficace. Mais comme son action est lente, il en faudrait donner, afin d'obtenir un effet immédiat, des quantités trop considérables, qui deviendraient dangereuses pour les intestins et la muqueuse buccale. — L'iodure de potassium ne présente point ces inconvénients. Il agit très vite et coupe quelquefois la fièvre dès le premier ou le second jour de son administration. Avec 2 ou 3 grammes, on produit une sédation circulatoire très prompte. — De plus, ce remède est souverain contre les douleurs quelquefois si pénibles de la tête, du thorax et des membres.

Non seulement le mercure et l'iodure font rapidement justice de ce que ces troubles constitutionnels ont d'aigu et de pénible, mais ils agissent aussi sur le fond dyscrasique et plastique, c'est-à-dire qu'ils combattent avec succès les altérations du sang. Ils sont beaucoup plus reconstituants que n'importe quel autre remède, que le fer par exemple. Chose curieuse, c'est surtout le mercure qui joue le rôle prépondérant dans cette œuvre de réparation. Il attaque le principe du mal, tandis que l'iodure en dissipe les effets multiformes avec une merveilleuse facilité.

Les deux spécifiques de la syphilis suffisent donc, presque toujours, pour guérir les troubles constitutionnels prodromiques. S'ils n'agissaient pas assez vite ou s'ils montraient quelque défaillance, on ferait bien de leur venir en aide avec le sulfate de quinine à petites doses, l'antipyrine, le bromure de potassium et, plus tard, les toniques et les ferrugineux.

PRÉLIMINAIRES

Les accidents qui appartiennent à la période secondaire ou virulente de la syphilis sont une conséquence fatale du chancre infectant. Sous une forme ou sous une autre, ils ne font jamais et partout complètement défaut. Les accidents tertiaires sont loin d'être une conséquence forcée de l'intoxication; ils manquent souvent et ne sont un corollaire obligé ni de la syphilis primitive, ni de la syphilis secondaire.

I. Semblables à des maladies accidentelles, aux fièvres exanthématiques, par exemple, dont elles se rapprochent le plus, les manifestations secondaires ont un début fixe, un processus déterminé, une terminaison certaine. Elles apparaissent un mois et demi, deux ou trois mois après le chancre, et évoluent pendant une période restreinte de deux ou trois ans en moyenne. Elles ne se reproduisent pas indéfiniment. Après un certain nombre de poussées successives, elles disparaissent pour toujours. — Semblables à ceux des autres maladies constitutionnelles ou personnelles, les accidents tertiaires, lorsqu'ils surviennent, apparaissent à des époques variables et qu'on ne peut calculer. Us n'ont aucun début fixe. Très rares peu de temps après le chancre et clans la phase secondaire, on les voit naître et récidiver plus tard indéfiniment, sans aucune régularité, sans aucune échéance limitée. On n'a jamais la certitude d'en être quitte avec eux. Us sont essentiellement insidieux.

Les lésions secondaires sont généralisées, diffuses et multiples. Elles s'accumulent simultanément et en grand nombre sur le même individu. Elles suscitent quelquefois, à leur début, comme les maladies accidentelles, une réaction synergique de l'organisme, qui se traduit par des troubles généraux. — Les lésions tertiaires

a 1G PARALLÈLE ENTRE LES ACCIDENTS SECONDAIRES ET TERTIAIRES.

sont discrel.es, isolées, solitaires. Elles ne se généralisent que dans les formes précoces, malignes et galopantes. Elles surgissent inopinément, en pleine santé, et sans être annoncées par aucun effort réactionnel de l'organisme contre leur invasion.

Les manifestations secondaires sont superficielles, apparentes, et d'une durée relativement courte. Elles sont résolutives et ne compromettent, en général, que momentanément la structure des tissus. Douées d'une grande spécificité, elles sont si expressives dans leur physionomie, si particulières dans leurs poussées, leurs localisations, leur processus, leurs coïncidences, etc., qu'il est difficile de ne pas les rattacher à leur véritable cause. — Les manifestations tertiaires sont latentes, d'une très longue durée, profondes et désorganisatrices. Elles attaquent et détruisent les parenchymes sans donner lieu à des phénomènes, morbides portant en eux-mêmes l'empreinte de leur origine diathésique. Leurs symptômes sont, pour la plupart, d'ordre commun; aussi est-il souvent impossible de fonder sur eux seuls le diagnostic. Il faut remonter aux antécédents, rechercher partout les traces anciennes ou récentes d'accidents plus spécifiques, et enfin tenter l'aclion curative de l'iodure de potassium et du mercure, pour s'assurer de leur provenance, etc.

Enfin la syphilis secondaire est contagieuse par toutes ses lésions lorsqu'elles deviennent suintantes; elle l'est même par le sang, et elle donne lieu à la transmission héréditaire de l'infection. — La syphilis tertiaire , quand elle arrive à son heure , c'est-à-dire tardivement, n'est presque jamais ni contagieuse ni héréditaire.

En présence de caractères aussi tranchés, est-il étonnant qu'on ait regardé la syphilis secondaire et la syphilis tertiaire comme deux syphilis distinctes? Et cependant les accidents qui leur sont propres, si différents qu'ils paraissent, émanent bien de la même source. Mais les premiers semblent être le résultat d'une infection qui ne s'est emparée qu'imparfaitement, et pour un temps limité, de l'organisme; tandis que les seconds attestent une prise de possession complète et définitive qui, en viciant pour toujours la vie plastique, condamne l'économie aux éventualités sans terme des manifestations constitutionnelles.

II. Les déterminations de la syphilis secondaire peuvent se produire, avec une très grande inégalité de fréquence, sur toules les parties de l'organisme. Celles qui affectent la peau et les mu-

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