‹ Traitement de la syphilis [electronic resource]Chapitre 406 sur 610 · DES MANIFESTATIONS LES PLUS COMMUNES DE LA PÉRIODE SECONDAIRE · texte numérisé non relu

DES MANIFESTATIONS LES PLUS COMMUNES DE LA PÉRIODE SECONDAIRE

I. Le mercure est le spécifique absolument indiqué contre toutes les manifestations de la période secondaire. Tl n'y a aucune exception à cette règle générale. Toutefois il y a des degrés nombreux dans les indications.

L'indication du mercure atteint son plus haut degré dans toutes les éruptions généralisées de la période secondaire, quel que soit leur élément respectif, érythème ou papule.

La dose est très variable suivant les cas. En général, il est bon d'attaquer vigoureusement, longtemps et sans discontinuité, les premières manifestations de la syphilis généralisée. Les papulodermies exigent des doses beaucoup plus élevées que les exanthèmes érythémateux.

On donnera indistinctement le protoiodure ou le sublimé1 par ingestion, tout en obéissant aux tolérances individuelles, pour l'une ou pour l'autre de ces deux excellentes préparations. Cependant on choisira le protoiodure dans la plupart des cas, et principalement dans ceux où les syphilides sont superficielles, généralisées, érythémateuses, ou modérément papuleuses. Dans les papulodermies plates, nummulaires,psoriasiformes, agglomérées en plaques cutanées, le sublimé est préférable parce qu'il a une action plus profonde et plus prolongée.

II. Parmi les syphilis secondaires, il y en a d'extrêmement tenaces et de réfractaires au protoiodure et au sublimé. En pareil cas, la méthode de traitement par ingestion est insuffisante. On ne pourrait, en général, sans endommager l'appareil gastro-intestinal, porter les doses au point où elles deviendraient efficaces. On est alors dans la nécessité de recourir à une autre méthode d'introduction du mercure dans l'organisme.

Les frictions sont ordinairement la meilleure. Elles trouvent leur opportunité dans un grand nombre de papulodermies.

Les injections hypodermiques de sels solubles ou de sels insolubles donneraient aussi de très bons résultats en pareille occurrence. Mais, comme elles peuvent avoir de grands inconvénients, surtout celles de sels insolubles en injections massives, il ne faut recourir à elles qu'à la dernière extrémité, quand tout le reste a échoué.

III. Dans l'administration de l'hydrargyre, pendant la période secondaire, on se laissera guider principalement par les déterminations cutanées, et beaucoup moins par les déterminations muqueuses.

Ces dernières, en effet, échappent à l'action hydrargyrique ou sont beaucoup moins influencées par elle. Il faut les attaquer par la médication topique.

IV. Les plaques muqueuses, qui occupent une si grande place dans la syphilis secondaire, indiquent toujours la nécessité d'intervenir au moyen de médications topiques qui les attaquent directement. Il serait inutile de pousser très loin contre elles la médication interne hydrargy-

I. On pourra donner aussi Les autres préparations mercurielles dont il a été parlé pp. 194-206 de ce volume.

Page 1